Après avoir commis un méfait, trois jeunes malandrins ont besoin d’une planque. Ils ig - Qwice

Après avoir commis un méfait, trois jeunes malandrins ont besoin d’une planque. Ils ignorent encore que la vieille bicoque qu’ils ont choisi pour y passer le reste de la nuit communique avec le

Ma Fête Foraine - Qwice 2026

Après avoir commis un méfait, trois jeunes malandrins ont besoin d’une planque. Ils ignorent encore que la vieille bicoque qu’ils ont choisi pour y passer le reste de la nuit communique avec le passé, par l’intermédiaire d’une fente dans un rideau de fer et d’une boîte à lait… Je ne connaissais pas l’auteur Keigo Higashino, vanté par son éditeur français (Actes Sud) pour ses romans policiers. Avec les Miracles du Bazar Namiya, il livre un roman surnaturel sur lequel je suis tombé par chance de visiter une librairie qui avait décidé d’accorder une mise en avant aux récits de voyage dans le temps. Un livre profondément japonais dans ses préoccupations, mais un livre surtout philosophique avant d’être surnaturel. Plusieurs époques se télescopent et, en cinq épisodes, l’auteur livre un récit remarquablement ciselé. Japonais, c’est la pensée qui revient à chaque instant, entre la famille qui prend très au sérieux la menace posée par les yakuzas, le fils dont le rêve va à l’opposé de celui de son père qui aurait tant voulu un héritier pour sa poissonnerie, le boycott des Jeux Olympiques de Moscou, la bulle spéculative de la fin des années 80, l’évocation d’un sanctuaire shinto, la tournée des Beatles au Japon ou encore les nombreuses évocations de repas, tout aussi nippones que le reste de l’œuvre. Chaque épisode de ce roman semble de prime abord décousu, quoique le fil rouge du bazar miraculeux soit on ne peut plus clair. Mais un second fil rouge se dessine, et connecte rapidement la majorité des protagonistes dans une véritable tragédie temporelle. Si le mot est fort, c’est que le récit s’avère parfois dur, et en cela je ne rejoins pas les critiques littéraires qui le trouvent gentillet voire un peu niais par moment. Ce n’est pas un roman à paradoxes. Le début est conditionné par la fin, puisque les retombées des échanges épistolaires sont dès le départ assimilées par un univers dans lequel lorsque trois gamins de 2012 envoient une lettre dans les années 80, l’impact dans leur propre vie a déjà retenti depuis belle lurette. Et lorsque vient le final, on ressent une émotion indescriptible. La fin est excessivement ouverte. On a envie de crier « ET ENSUITE ? », mais d’un autre côté on n’a pas envie de briser l’émotion engendrée par la toute dernière lettre du Bazar Namiya. Ce livre a été adapté deux fois au cinéma, une fois au Japon, une fois en Chine. J’ignore si l’un des deux films a bénéficié d’une localisation ; ceci dit j’ai cru reconnaître, en visionnant la bande-annonce du film japonais, la voix d’Akihiko Matsumoto, notamment connu pour le générique de fin de l’excellent film Summer Wars, que j’ai chroniqué ici il n’y a pas si longtemps. Je n’ai trouvé aucune source le confirmant, cependant la voix n’en reste pas moins franchement identique. À noter enfin que le visuel de la couverture, pourtant très manga, a été fourni par la société productrice du film - il s’agit du décor de l’affiche, dénudé de ses protagonistes.

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