Bienvenus dans "Les Folles anecdotes du taff". Pour la dernière histoire du thème "La Vie en open space", on va parler du très célèbre Teams. Et pour ce qui est des votes, on va essayer de départager Qwice sur le prochain thème. Je vous en dis un peu plus : - Le traitement de données dématérialisées : que deviennent vos dossiers quand vous les envoyez à un organisme ? - Les enfants c'est l'avenir : colos ou classes de neiges, c'est toujours des histoires à raconter. - Téléconseiller : l'envers du décors : du sondage à l'arnaque institutionnalisée, c'est un métier qui touche tout le monde et tous les domaines. Je vous souhaite maintenant une excellente lecture. Teams, notre sauveur : Le logiciel Teams tient une part importante dans la communication en entreprise. Il est très pratique de pouvoir récupérer rapidement une information auprès d’un autre service ou de transmettre un message à toute une équipe en quelques tapotages de clavier. Mais, comme toute messagerie instantanée, c’est une méthode qui connaît des limites. J’ai appris cela à mes dépens lors de mes contrats dans cette entreprise. J’ai fait deux sessions de 18 mois chez eux et j’ai vu la situation se dégrader petit à petit. Dans les premiers mois, nous n’avions Teams que pour les infos d’équipe ; des messages comme : « Bonjour, aujourd’hui à 15h, mise à jour du logiciel. Pensez à redémarrer vos ordinateurs ! » « Demain, inspection du plateau, n’oubliez pas de ranger vos postes et de porter vos badges. » Simple, pratique, efficace. Puis, on a eu un canal dédié à la production, qui faisait suite à ce que j’appelais « le tableau de la honte » : une ardoise velleda où, deux à trois fois par jour, notre chef affichait la production réalisée par chaque équipe. Rien à perdre, rien à gagner, mais quand vous faites toujours partie de l’équipe la moins productive, c’est vite démoralisant. On a donc eu un canal où la productivité de chaque équipe était annoncée, trois à quatre fois dans la journée. Avec, bien évidemment, les chiffres au-dessus du quota en vert et ceux en-dessous en rouge. Sur ce même canal, nous avons bientôt eu la productivité individuelle… Ou comment pointer du doigt LE collègue en difficulté. Une réminiscence du bonnet d’âne, me semble-t-il. Très rapidement, chacun a commencé à défendre son chiffre de prod sur le canal : « Mais ce matin j’étais pas là, mon chiffre va forcément être divisé par deux ! » « Franchement, t’as pas vu les dossiers que je me tape. » « Sérieux ? C’est à moi que tu tapes l’affiche ?? » Et, cerise sur le gâteau : notre N+2 et notre N+3 ont été rajoutées à ces canaux, sur chaque équipe ; histoire de jouer leur rôle de CPE. Dommage qu’on n’ait pas eu le droit de manger du pop-corn sur le plateau… Quelques mois se passent et nous arrivons au premier confinement. Le lendemain de l’annonce, de nombreux collègues sont partis en emportant leur ordinateur : le télétravail était lancé et, avec lui, l’essor de Teams. De là, toutes les conversations devaient obligatoirement passer par Teams et, quelques jours après notre départ en télétravail, on nous a fait signer une nouvelle charte informatique dans laquelle nos supérieurs avaient un droit de regard sur toutes les conversations. Il ne me restait que quelques semaines à faire : je les ai faites, puis je suis partie quelques mois à l’Assurance Maladie. À mon retour dans l’entreprise, les règles et la charte informatique n’avaient pas changé : tout, absolument tout, devait passer par Teams. Que ce soit une demande pour aller aux toilettes auprès du manager ou une information sur un dossier à votre collègue, à un ou deux postes de vous. Résultat ? Des dizaines de conversations sans aucun réel besoin, avec des échanges tels que : « Salut ! T’as le dossier 03250612 dans ton agenda ? » – « Ouais, je te l’envoie. » « J’ai badgé à 36 au lieu de 35 car j’étais en rendez-vous avec les RH. – Ok, tu le rattrapes ce soir. » « J’ai une galère, tu peux venir ? » – « Oui, j’arrive. » (puis à la cheffe : « Je vais voir Radis pour un dossier. ») Encore une, à mon sens, belle bêtise : ça consomme de la place sur les serveurs, ça mange du temps à tout le monde et on est bien loin d’un environnement de confiance…