Le Parlement vient d’adopter l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’objectif est louable, et personne de bonne foi ne contestera que ces plateformes peuvent abîmer les plus jeunes, capter leur attention, normaliser des comportements toxiques et exposer des enfants à des contenus qu’ils ne devraient pas voir. Mais la bonne intention ne suffit pas à faire une bonne loi. Mon scepticisme tient d’abord à une question simple : de quoi parle-t-on exactement ? Tous les réseaux sont-ils concernés, au même titre, avec les mêmes critères ? Qu’en est-il des plateformes qui mélangent vidéo, messagerie, recommandation algorithmique et publication publique ? Sans réponse claire, le texte risque de devenir imprécis, difficile à contrôler, donc largement contournable. Le risque, au fond, est de fabriquer une interdiction spectaculaire mais incomplète. Si j’avais dû voter cette loi, je me serais probablement abstenu. Parce qu’on peut reconnaître la gravité du problème tout en doutant que cette réponse soit la bonne. Protéger les mineurs ne consiste pas seulement à poser un âge plafond ; cela suppose aussi d’outiller les familles, d’imposer des responsabilités aux plateformes, et de renforcer l’éducation au numérique dès le plus jeune âge. Cela suppose surtout de travailler à l’émergence de plateformes françaises comme nous le faisons avec Qwice, qui proposent une autre logique : des algorithmes qui mettent en avant les contenus de qualité et relèguent les contenus haineux dans l’ombre.