Aujourd'hui, on parle funéraire. Cette semaine, Qwice a décidé de continuer sur sa lancée des inhumations alternatives. Nous allons donc nous concentrer sur la promession, l'aquamation et la mycélisation. Bonne lecture et à vos votes pour le prochain sujet à aborder. Promession, aquamation et mycélisation : La promession, c’est la technologie au service de l’écologie : aussi efficace qu’une crémation mais sans les fumées polluantes, elle permet, tout comme la terramation, de transformer le corps en un compost en moins d’un an. Le principe est le suivant : on congèle le corps du défunt à -18° pendant une petite dizaine de jours avant de le plonger dans l’azote liquide à -196°. Cette étape permet de rendre le corps très friable, en éliminant toute l’eau du corps. On vient ensuite le déposer sur une table vibrante munie d’un aimant. Le corps, soumis aux vibrations, devient alors une poudre biologique tandis que l’aimant récupère les métaux encore présents dans le corps (couronnes dentaires, prothèses, etc.). La poudre ainsi obtenue est versée dans une urne, généralement biodégradable ; que l’on peut, par exemple, inhumer sous un arbre. Cette technique nous vient de la biologiste suédoise Suzanne Wiigh-Mäsak qui a créé en 2001 la société Promessa. Des promatoriums (lieux dans lesquels sont pratiquées les promessions) existent en Afrique du Sud, en Corée du Sud, au Royaume-Uni, aux États-Unis ou encore au Canada. La France, quant à elle, ne permet que la crémation et l’inhumation. L’aquamation est un procédé inspiré des anciens Vikings ou encore des tribus du Pacifique. Elle permet au corps de se « dissoudre » sans polluer les sols ou l’eau. Le corps est immergé dans une cuve cylindrique contenant un mélange de 95 % d’eau et de 5 % de produits alcalins, puis est chauffé aux alentours de 180° pendant 6 à 12 heures, le tout en maintenant la cuve dans un mouvement de roulis. Cela provoque une hydrolyse alcaline des tissus qui les dégrade très rapidement. À la fin du processus, il ne reste que les os du défunt. Ceux-ci sont alors réduits en cendres et déposés dans une urne qui peut être remise à la famille. Comme la plupart des pratiques funéraires alternatives, l’aquamation est autorisée dans les pays anglophones : les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni etc... Enfin, la mycélisation, c’est le fait de se faire inhumer dans un cercueil non pas bâti mais cultivé : en l’espace de quelques semaines, le mycélium des champignons permet de créer un cocon dans lequel le corps repose sur de la mousse, de la laine ou encore du coton bio. En l’espace d’un ou deux mois, le cercueil est entièrement dissous dans la terre, là où un cercueil classique met plusieurs dizaines d’années à disparaître. Cette pratique est autorisée dans plusieurs pays européens, notamment aux Pays-Bas, mais les normes françaises (capiton, caisson étanche, housse mortuaire, etc.) empêchent le recours à ce type de cercueil. Sources : https://www.le-choix-funeraire.com/ https://loop-biotech.com/ https://aquamationinfo.com/ Illustrations : - Suzanne Wiigh-Mäsak, photo de Sveriges Radio - Alkaline Hydrolysis i.e. Aquamation de AquamationBC Coalition - Illustration de l’article « Is Aquamation ash safe to handle » de Mitch, du 19 novembre 2020. - Cercueil en mycélium de Loop biotech