Chapitre 11 🌱 Musique d'ambiance : https://youtu.be/49kVYdxK4BM Lumi adopte la pose du gagnant devant l'épicerie asiatique, à quelques minutes de sa maison, accompagnée d'Ambre. Cette dernière inspecte l'intérieur, à travers la vitre du magasin, qui ne semble pas avoir beaucoup de décorations ; les produits sont juste disposés sur les étagères avec une odeur de thé qui lui titille les narines à travers la porte ouverte. En tout cas, il n'y a personne à l'exception de la vendeuse qui joue sur son téléphone et c'est surprenant de voir qu'il existe des magasins avec des horaires aussi particuliers. La recluse agite ses bras comme un pingouin et présente le lieu à sa camarade : — Je te présente ma caverne d'Alibaba, dit-elle fièrement. Avec le couché de soleil, on peut croire que c'est en or et tout, mais c'est bien une simple épicerie pour mortelles. — Ils vendent quoi ? questionne la blondinette. — Beaucoup de snack coréen et japonais, mais y a aussi d'autres trucs. Je vais te faire découvrir un autre monde, explique-t-elle avant d'entrer dans le lieu. À l'entrée, une femme d'origine asiatique les accueille derrière sa caisse sans prêter une grande attention à ses deux nouvelles clientes ; ceci dit, elle semble connaître Lumi. Cette dernière se dirige vers un rayon particulier, laissant Ambre observer les environs. Les produits arborent des dessins de plus en plus étranges, et il est difficile de savoir ce qu'ils représentent, car tout est écrit dans une langue étrangère, probablement japonais ou coréen. La parisienne parvient à reconnaître certains personnages d'anime tels que Naruto ou Pikachu. Pour le reste, elle suppose qu'il s'agit peut-être de bonbons ou de nouilles. Intriguée, elle saisit un paquet de ramen avec un dauphin qui se baigne dans une eau rose – cela pourrait être des bonbons ? — Oh, t'aimes les bonbons japonais ? questionne Lumi en revenant avec quelques boîtes dans ses bras. — Oh non, pas spécialement, répond-t-elle en reposant le produit sur son étal. C'est des nouilles ce que t'as ? La recluse secoue la tête avant de montrer le packaging de ses petites boîtes : on peut y apercevoir un piment qui se baigne dans un bol de chips en apparence avec un grand sourire. Ambre ne peut pas lire, mais elle remarque bien les deux petits piments en bas du paquet. Lumi acquiesce avec énergie, avec un grand sourire : — Non, c'est des tteokbokki, un truc ultra bon, tu veux que je te fasse goûter chez moi ? — Pourquoi pas, ta maison n'est pas très loin ? Son interlocutrice écarquille des yeux, plutôt surprise qu'Ambre ait accepté. Elle reste bouche bée avant de répondre avec beaucoup d'enthousiasme. — Attends, tu viens pour de vrai ? — Euh, oui oui, ça ne me dérange pas. — Super ! s'enthousiasme-t-elle en sautillant. Alors on va faire un truc de découverte asiatique ! Prends des trucs qui t'attirent l'œil et je vais prendre des trucs que j'ai jamais vu non plus, on fera une review découverte ensemble ! — Hein ? Attends, on est pas obligées, tu vas pas payer autant... Cependant, Lumi ne lui prête déjà plus attention et se précipite vers les rayons pour choisir les snacks les plus farfelus qu'elle puisse trouver. Bien qu'Ambre aurait souhaité insister pour décliner sa demande, elle se résout à accepter, ne voulant pas casser la bonne humeur de sa camarade. Elle soupire intérieurement et finit par se promener dans les rayons, à la recherche d'un paquet qui pourrait captiver son attention, sans plus, car elle se sent mal à l'aise à l'idée de faire payer quelqu'un. Anxieuse, elle ne parvient pas à repérer quelque chose écrit dans un alphabet qu'elle connaît, ça va être compliqué de savoir ce qu'elle va acheter et, potentiellement, ingérer. Bien qu'elle ne soit pas convaincue, Ambre décide de se fier uniquement aux illustrations sur les emballages pour faire son choix. Au hasard, ses yeux tombent sur un paquet avec un mignon poussin dessus. Ambre se surprend à esquisser un sourire et saisit cette boîte plutôt légère. Ça fera l'affaire. Cette dernière part rejoindre Lumi qui a les bras chargés de paquets ; contenant des boîtes de gâteaux aux riz pour sa survie et trois paquets mystères. La blondinette jette un rapide coup d'œil sur les snacks pour la dégustation et du peu qu'elle a vu, ça ne la met pas en confiance, même pas du tout. Le visage de la parisienne se fige dans un faux sourire, espérant se tromper. Quant à sa camarade, celle-ci remarque l'unique paquet en possession d'Ambre, ce qui la surprend. — Oh, t'as pris que ça ? questionne-t-elle. Tu veux pas prendre d'aut'choses ? — Non, non, vraiment, ça ira. Je prendrai que ça. — Ok, ok, de toute façon j'ai pris trois paquets que j'ai jamais vus de ma vie, ça sera suffisant ! — Ah, tu sais pas du tout ce qui est écrit dessus ? — Absolument pas, mais c'est ça qui est drôle, répond Lumi avec un visage des plus sereins. Ambre pensait que son interlocutrice aurait peut-être quelques notions de japonais ou de coréen, mais cela ne semble pas être le cas. Étrangement, elle regrette cette dégustation improvisée, mais elle ne se résout pas à changer d'avis. Une fois à la caisse, la fillette aux cheveux noirs décharge tous les articles de ses bras et s'étire, soulagée de se débarrasser de cet encombrement. La caissière leur adresse un vague bonjour avant de scanner les produits. Un silence gênant s'installe, perturbé par les bips de la machine, un silence qui ne semble déranger qu'Ambre, tandis que sa camarade regarde ailleurs ou contemple les étagères pour admirer les bonbons, tout en tapotant étrangement de la main droite. La caissière doit l'interpeller deux ou trois fois avant qu'elle ne sorte de sa bulle et vienne payer les articles. La Suissesse sort son téléphone pour payer via une application, mais le paiement ne passe pas. — L'argent ne passe pas, explique la caissière avec un léger accent. — Oh ? s'exclame Lumi avec le visage livide. Oh non, je crois que ma mère a dû bloquer la carte. — Attends, je paye ne t'en fais pas. — Ah bon ? Ça ne te dérange pas ? — Absolument pas, rétorque-t-elle en sortant du cash de son portefeuille. Ambre peut sentir un regard lumineux de la part de sa camarade, cette dernière paraît un peu trop touchée à l'idée de se faire payer quelque chose. Après encaissement, Lumi récupère tout son barda de guerre et remercie plusieurs fois la blondinette, ne pouvant s'empêcher de sautiller plusieurs fois à la sortie. Sa camarade ne fait que sourire nerveusement, en tenant dans sa main le paquet de chips en forme de poussin armé. — Allons faire une unboxing dégustation chez moi ! s'exclame Lumi en montrant une direction. Le trajet se passe sans encombre, mais Ambre ne peut s'empêcher d'être pensive, tiraillée par plusieurs sentiments. Souriant, de temps à autre, à son interlocutrice lorsqu'elle lui dit quelque chose d'étrange ou anodin. La blondinette jette un petit coup d'œil vers Lumi, cette dernière semble marcher différemment, elle fait des grandes enjambées en posant bien son talon en premier avant de reposer le reste. Ses bras mettent une distance avec son corps comme les manchots et son regard se focalise uniquement sur ses pieds. De temps à autre, la recluse paraît avoir un équilibre bancal, surtout en descendant des escaliers. Est-ce un jeu pour elle ou ne fait-elle juste pas du tout attention ? Difficile de le savoir vu sa personnalité plutôt excentrique. — Ça va ? — Oui ! J'ai hyper hâte de rentrer chez moi ! explique Lumi en applaudissant uniquement avec ses phalanges. Ambre lui répond avec le sourire, continuant à écouter à moitié son interlocutrice dans son monologue sans transition ou cohérence entre les sujets, pour le reste du trajet. Arrivée à destination, la blondinette ne s'imaginait pas de voir une maison plutôt grande, ça n'a pas l'étoffe d'une villa, mais ça reste sympathique. Pourtant, un problème mineur les attend. — Putain, mais y a encore Grominet qui squatte le paillasson là , grogne Lumi. La noiraude tente de pousser un gros chat, détendu sur le paillasson, avec son pied, mais sans succès. Le félin se contente juste de bâiller à s'en décrocher la mâchoire avant de dormir sur le dos, donnant l'impression de provoquer Lumi. Cette dernière essaye de le pousser un peu plus fort, agacée, mais en vain. — C'est ton chat ? questionne Ambre. — Non, c'est le chat de la voisine, elle fait des bons muffins, mais elle a les pires animaux de la terre entre celui qui squatte notre paillasson et l'autre qui pisse tout le temps, explique-t-elle avec un air blasé. Je jure que ce chat veut ma mort, car je me le prends à chaque fois que je sors faire un truc. — Attends, je vais le déplacer. — Je te préviens, c'est un chat qui ne subit absolument pas l'inflation, sauf dans son assiette. — Ah, c'est difficile de pas le voir. En posant son paquet sur le rebord de la fenêtre du rez-de-chaussée, Ambre saisit le chat qui se laisse faire et le soulève pour le poser ailleurs. Le moins qu'elle puisse dire c'est qu'effectivement, les propriétaires devraient commencer à faire moins manger leur animal. Le gros matou se laisse étaler sur le sol comme du liquide et ronronne de plaisir, plutôt reconnaissant que la parisienne l'ait laissé dans une zone d'ombre pour profiter de la fraîcheur. Presque essoufflée, la blondinette revient. — Effectivement, il mange bien. Lumi pouffe de rire avant d'ouv