Sur des épaules de géants… - Episode 3 : Le Zizou breton ! Ah, la Première ! Cette fameuse année où l’on doit passer les épreuves anticipées de Français pour le Bac… C’est également l’année où avoir un professeur qu’on apprécie dans cette matière peut beaucoup aider ! 😉 Jusqu’ici, le Français ne suscitait pas vraiment d’intérêt particulier en moi… J’aimais bien la matière, ma mère m’avait donné le goût de la lecture aussi, mais cela ne faisait pas de moi quelqu’un de passionné par le sujet. En plus, sur les deux dernières années, j’avais eu, dans cette matière, deux professeurs que je n’avais pas trop appréciés… de sorte que le Français était devenu assez contraignant à travailler ! Mais deux personnes m’ont beaucoup aidé sur ce sujet quand j’étais en 1ère S. La première personne, j’en ai déjà parlé dans l’épisode 1 de la série : ma maman. Pour le coup, elle s’était investie encore plus que d’habitude… Elle me faisait écouter des livres audio le soir et m’aidait ponctuellement à réviser, voire à comprendre les analyses de texte. Je vais un peu digresser… mais je garde un souvenir mémorable de l’oral blanc du Bac Français et je tiens à le raconter. A la veille de l’épreuve, ma mère m’avait demandé ce qu’elle pouvait m’aider à travailler. Je lui montre alors le texte sur lequel j’avais le plus de difficultés : l’oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre écrite par Bossuet. Elle m’a aidé à le travailler à fond et aussi à mieux l’appréhender. Quand je suis arrivé le lendemain à l’oral blanc, il pleuvait horriblement… Je fis mon tirage au sort, et là, je suis tombé sur le texte travaillé la veille ! Très inspiré par le sujet, j’ai trouvé assez rapidement mes mots pour répondre à la question posée. Le plus marrant sera quand même le moment où je lirais un extrait de l’oraison… A un moment du texte, il est écrit « comme un éclat de tonnerre ». Je lis donc avec l’intonation ces mots et à fond… Eh bien, pile au moment je me mets à prononcer le mot « tonnerre », on a vu un flash blanc dehors puis entendu à peine 2 secondes après un coup de tonnerre, ce à quoi l’examinatrice a applaudi en s’écriant : « Bravo ! », comme si je pouvais contrôler la météo ! 😂 Bref, cela a bien servi puisque j’ai obtenu 19/20 à l’oral blanc ainsi. Mieux encore, ma maman était même allée jusqu’à créer un jeu de plateau pour que je mémorise mieux les auteurs, les mouvements, les œuvres, les genres, etc. Son aide me fut très précieuse. 😊 Et la deuxième personne, ce fut tout simplement le professeur de Français que j’ai eu cette année-là, le « géant » auquel je vais désormais consacrer ce récit. Je l’ai surnommé ici le « Zizou Breton » en référence à une anecdote… vous verrez bien de quoi il s’agit ! 😉 Qu’est-ce que ce géant m’a appris ? Ce professeur, d’origine bretonne, était un vrai boute-en-train dont on sentait qu’il était tout simplement heureux d’exercer son métier tant ça le passionnait. Il avait aussi l’art d’expliquer simplement et clairement les notions les plus compliquées. Puis, on pouvait lui demander de réexpliquer une même notion incomprise plusieurs fois et ce, sans avoir peur de se le faire reprocher. Patiemment, il reformulait à chaque fois différemment jusqu’à ce que l’on comprenne. Par ailleurs, il ne se contentait pas d’utiliser des textes pour nous faire étudier le Français... Cela peut paraître anodin de nos jours, mais dans mon cas, c’était le premier professeur de Français qui faisait cela ! Par exemple, quand on avait étudié « Ruy Blas » en œuvre complète pour le Bac, il nous avait fait étudier le livre… Mais, il nous a aussi fait voir des extraits du téléfilm « Ruy Blas » avec Gérard Depardieu jouant Don Salluste ainsi que quelques passages de « La Folie des Grandeurs » avec Louis de Funès interprétant Don Salluste et Yves Montand jouant Ruy Blas. Entre l’aide de ma maman, l’entrain de ce professeur et ses excellentes explications, il n’a pas fallu attendre très longtemps pour que mes efforts soient récompensés par de bons résultats en Français… j’ai obtenu avec lui de bien meilleures notes que sur les 2 dernières années confondues ! Une autre qualité que je souhaiterais saluer, c’est qu’il savait être à l’écoute et donner de bons conseils à ses élèves. Je vais l’illustrer ici par cette anecdote : Pendant une récréation, alors que j’avais fini de lui poser des questions sur le cours qu’il venait de nous donner, il m’avait dit : « Avant que vous ne sortiez, j’aurais quelque chose à vous demander. » Moi : « Je vous écoute, Monsieur. » Lui : « Autant avec moi, tout se passe à merveille, autant avec ma collègue de Physique-Chimie, j’ai vu que ça n’allait pas fort du tout pour vous. Si ce n’est pas indiscret, qu’est-ce qui vous arrive exactement ? ». En tant que professeur principal de notre classe de 1ère S, c’était normal qu’il s’inquiète à ce sujet… Je lui ai expliqué ce qu’il en était, à savoir que j’avais du mal à comprendre les cours de cette enseignante et que, de plus, elle avait dit, la veille, devant moi et ma mère, que j’étais un incapable et que je n’arriverais jamais à devenir professeur de Physique-Chimie. Là, il m’a d’abord demandé : « Pour bien être sûr, vous êtes absolument certain de vouloir exercer ce métier ? Vous savez, être professeur en collège ou en lycée, c’est loin d’être facile et parfois, on peut vous envoyer loin de chez vous, surtout en début de carrière… » Lui ayant répondu que, oui, je voulais vraiment faire ce métier et qu’il me plaisait beaucoup, alors mon professeur m’a répondu ceci :« C’est une bonne chose que vous soyez sûr de votre choix… Bon, ce que vous a dit ma collègue, je trouve que c’est très rude de sa part. Cependant, je peux comprendre qu’elle soit réticente à l’idée que vous puissiez faire des études de Physique-Chimie avec vos résultats actuels ! Il faut vite y remédier… A ce sujet, il me semble que votre moyenne actuelle de 3,5/20 en Physique-Chimie ne résulte que d’une seule note, c’est bien ça ? » Moi : « Oui, Monsieur. Il y a encore 2 contrôles qui sont prévus ce trimestre. » Lui : « Très bien ! Alors, je vais vous donner un conseil… Le mieux que vous puissiez faire, c’est de montrer à ma collègue qu’elle se trompe sur vous. Travaillez sa matière à fond ! Si vous ne comprenez pas ses cours, n’hésitez pas à aller au CDI ou dans une bibliothèque pour emprunter des ouvrages, voire à aller sur Internet pour chercher des cours qui pourront vous aider à comprendre les siens. C’est ce que je faisais quand j’étais moi-même étudiant si je ne comprenais pas un cours… Internet en moins. Et si jamais vous ne comprenez toujours pas, prenez un professeur particulier pour vous aider. Mais surtout, il ne faut pas vous laisser aller ! Vos efforts finiront par payer. Si vous obtenez de bons résultats dans sa matière, à terme, elle ne pourra que se taire, voire admettre qu’elle s’était trompée. De mon côté, je n’ai aucun doute à votre sujet. Je sais que vous avez les capacités de lui prouver qu’elle se trompe sur vous. Désormais, il faut juste les mobiliser. » Ce discours, conjugué à ce que ma mère m’avait dit la veille (le même genre de choses, mais en insistant plus sur : « Embête là en ayant de bons résultats, ce sera ta vendetta ! ») m’a remotivé. J’ai donc travaillé intensément la Physique-Chimie, compulsé des ouvrages, passé des heures sur Internet pour chercher de quoi m’aider et consacré du temps à m’exercer… C’est ainsi qu’aux deux évaluations suivantes, j’ai eu 17.5 puis 19/20. Pari réussi, donc ! J’avais bien rattrapé le mauvais résultat du début de trimestre et fini avec environ 12 de moyenne dans la matière. 😉 D’ailleurs, pour le 19/20, je pourrais décerner à ma professeure de Physique-Chimie d’alors la palme de l’appréciation « la plus salée et de mauvaise foi que j’ai vue de ma vie » sur une de mes copies ! En effet, elle avait écrit tel quel et juste à côté de la note : « Ceci est une copie de PHYSIQUE-CHIMIE, PAS une copie de FRANCAIS !!! ARRÊTEZ de DETAILLER VOS REPONSES, vous n’écrivez PAS UNE DISSERTATION DE LITTERATURE !!! » (Cocasse quand on sait qui m’a encouragé, n’est-ce pas ? 😂…). Bref, revenons au géant… C’était, enfin, un professeur qui tenait toujours ses promesses, même les plus loufoques ! Il s’avère que ce professeur aimait bien le football. Mais, il ne croyait que moyennement aux chances de l’équipe de France d’arriver à la finale de la Coupe du Monde 2006, vu ce qui s’était passé 4 ans plus tôt. Il nous avait dit, en tout début de Coupe du Monde, ceci : « De toute façon, si jamais la France arrive jusqu’en finale, ce dont je doute franchement, je vous donnerais un cours avec la tenue complète de l’équipe de France entre la demi-finale et la finale. » Et cette année-là, la France est arrivée en finale après avoir vaincu le Portugal… Au cours suivant, notre professeur, bon joueur, avait tenu son pari à fond : il avait le maillot, le short, les chaussettes hautes... pas les chaussures à crampon non plus (sinon, il aurait glissé sur le carrelage, le pauvre… ^^’), mais des baskets, tout de même ! Il avait même poussé la chose au point de mettre son nom au dos du maillot et d’y apposer le n°10, celui de Zinedine Zidane à l’époque ! Cela explique pourquoi, dans mon récit, j’ai mis pour titre « Le Zizou breton ». C’est une référence à cette anecdote… 😉 Voilà pourquoi, à mes yeux, ce professeur de Français qui fut le dernier de ma s