Sujet 2. La vérité est-elle toujours convaincante ? Bonjour. La vérité est-elle toujo - Qwice

Sujet 2. La vérité est-elle toujours convaincante ? Bonjour. La vérité est-elle toujours convaincante ? Oui, c’est le commentaire du deuxième sujet du bac philo (filière générale). Cette f

Petitcapybara - Qwice 2025

Sujet 2. La vérité est-elle toujours convaincante ? Bonjour. La vérité est-elle toujours convaincante ? Oui, c’est le commentaire du deuxième sujet du bac philo (filière générale). Cette fois-ci, je vais moins chercher à conceptualiser (ou à préciser ce qu’est la dissertation), qu’à montrer comment on peut mobiliser un auteur pour une dissertation. La vérité est-elle toujours convaincante ? I. Analyse du sujet J’aime bien ces sujets en « A est-il toujours B ? » ! Un automatisme utile à avoir pour construire son plan, c’est de jouer sur le « toujours ». Un plan assez facile à faire, sans même avoir besoin de réfléchir au sujet, serait I. Toujours // II. Jamais // III. Parfois (entre autres variations). Mais, un automatisme, ça n’est jamais une bonne chose si on oublie toute réflexion, si on oublie de penser le sujet. La vérité est-elle convaincante ? Ok, qu'est-ce que ça veut dire que la vérité est (ou non) convaincante ? Commençons par définir les termes. La vérité, c’est l’adéquation entre une pensée et son objet, c’est ce à quoi l’esprit peut et doit donner son assentiment. Et si on doit donner son assentiment, c’est bien parce que la vérité est convaincante, non ? Si la vérité est une certaine connaissance conforme au réel, et si on doit donner son assentiment, c’est bien parce que la vérité, par elle-même, est convaincante, n’est-ce pas ? Qui n’est pas convaincu par la proposition « 1+1=2 » ? Peut-on même douter d’une telle proposition ? Avez-vous vu comment j’ai essayé de relier les deux termes importants du sujet (vérité et convaincre) à partir des définitions ? C’est une chose qu’on peut faire (voire qu’il faut faire autant que possible) : relier les termes entre eux. La vérité, n’est-ce pas ce qui s’impose à l’esprit de manière claire et objective ? Si je vous dis « pour tout triangle inscrit dans un cercle, si un des côtés du triangle est le diamètre du cercle, alors ce triangle est rectangle », auriez-vous envie de dire que cette vérité ne vous convainc pas ? En effet, vous savez parfaitement qu’un triangle inscrit dans un cercle est inscrit si un de ses côtés est le diamètre du cercle. C’est presque dans la nature du triangle que d’être rectangle s’il est inscrit dans un cercle et qu’un de ses côtés correspond au diamètre de ce cercle. Cela semble même aller de soi ! Mais, n’importe quelle proposition vraie est-elle convaincante par elle-même ? Si je dis « il existe un dérèglement climatique global et d’origine anthropique », n’y aura-t-il pas des personnes pour nier cette proposition ? En effet, pourtant, cette proposition est vraie. De fait, aussi, la vérité n’est pas toujours convaincante, ou à tout le moins, elle ne l’est pas par elle-même : elle n’emporte pas la conviction et l’assentiment. Une question qu’il convient de poser est la suivante : si la vérité peut être convaincante, est-ce par elle-même en tant qu’elle est ce qui s’impose à l’esprit, ou bien la vérité n’est-elle convaincante que sous certaines conditions ? Si on prend le cas du dérèglement climatique, démontré par la science, on voit bien que la vérité n’est pas par elle-même convaincante. Néanmoins, si on pense à d’autres choses évidentes, comme les vérités mathématiques (au moins les plus simples comme 1+1=2), on a l’impression qu’on ne peut s’en détourner : en effet, ai-je des raisons de douter du fait que 1+1=2 ? Et ai-je des raisons de douter du fait que la terre soit ronde ? Dans le premier cas, on me dira sûrement qu’on n’a pas de raisons d’en douter ; quant au second cas, malgré les démonstrations effectuées par Ératosthène et Aristote, on trouvera quelques personnes extravagantes qui proposeront des raisons d’en douter. Aussi, il semble que la vérité puisse parfois être convaincante. Pourquoi ce qui est vrai ne convainc-t-il pas toujours ? Et faudrait-il que ce qui est vrai convainque toujours ? Pourquoi adhère-t-on à telle chose ? Quelle force de persuasion la vérité a-t-elle ? En dissertation, il importe de réfléchir, et parfois de chercher des exemples : notamment pour l’introduction. Si on prend en compte les complotismes (la terre plate, le climatoscepticisme, p. ex.), on peut plus facilement interroger la force de persuasion de la vérité. Celui qui nie une vérité scientifique, pourquoi le fait-il ? Est-il d’abord convaincu par la vérité, et il la nie ensuite par mauvaise foi ou bien est-ce autre chose ? Il s’agit donc d’interroger ce qui fait qu’on puisse donner son assentiment à telle ou telle proposition vraie. D’autre part, on peut interroger cette notion de « convaincante ». La vérité peut-elle convaincre ou bien doit-elle passer par la persuasion et le jeu sur les émotions pour emporter la conviction ? On cherche à convaincre par des arguments, en usant de la raison. Si la vérité n’est pas toujours convaincante, est-ce que cela signifie que la raison ne peut pas tout ? Est-ce qu’on doit comprendre que la raison manque de force ? Est-ce qu’on doit entendre que la raison ne suffit pas toujours ? Et si la raison ne suffit, doit-on utiliser la persuasion ? Mais persuader, c’est user des sentiments, c’est manipuler, jouer avec les émotions… la vérité a-t-elle vraiment besoin de cela ? La vérité doit-elle être déguisée, enjolivée, habillée de bien belles choses ? Toujours, ça peut vouloir signifier « à chaque fois », « à chaque coup », et alors, si la vérité convainc toujours, on veut dire qu’à chaque fois qu’on énonce une vérité, la conviction est emportée. Mais toujours peut aussi s’entendre autrement : peut-on ne pas être convaincu un jour par une vérité (que la somme des angles d’un triangle est égale à deux droits) et l’être un autre jour ? En d’autres termes, la vérité peut-elle convaincre dans certains contextes, mais pas dans d’autres ? Faut-il, pour emporter l’adhésion, une certaine disposition ou un certain contexte ? Cela n’est pas impossible ; en effet, si on jette un coup d’œil sur ce bon vieux Galilée, on note quand même que s’il était né plus tard ou dans un autre contexte social, il n’aurait peut-être pas été condamné pour ses travaux (il démontrait que la Terre tournait sur elle-même et autour du Soleil). En bref, comment faire pour que la vérité puisse convaincre ? Le fait-elle tout le temps, en tout lieu, en tout point, ou bien faut-il adjoindre autre chose ? Il faut alors penser la valeur de la vérité et les conditions de son acceptation : que faut-il pour que la vérité soit partagée ? II. Mobiliser un auteur Pour ce sujet, je me propose de mobiliser un auteur. Quand j’ai vu ce sujet, j’ai immédiatement pensé au Phèdre de Platon, dans lequel Socrate distingue le discours vrai ou juste du beau discours, et qui cherche à montrer pourquoi les sophistes n’en ont cure de la vérité. Évidemment, penser au mythe de la caverne (cf. La République, VII) n’est pas une mauvaise idée. Si je devais faire un plan de dissertation, je mobiliserais probablement Platon (Phèdre d’abord, et ensuite République) en dernière partie pour montrer qu’une vérité seule ne convaincra pas, si on ne sait pas l’insérer dans un discours bien écrit et bien présenté : c’est dans et par le discours beau qu’une vérité peut réellement briller et être convaincante – il faut jouer avec les armes du sophiste pour contrer ses beaux discours qui ne se fondent pas sur le vrai. Que nous dit Platon dans le Phèdre ? Ce qui nous intéresse, à savoir la réflexion sur le discours juste et le discours beau, commence en 258a (même si le gros de la réflexion se situe entre 261a et 271c). A-t-on besoin de savoir ce qui est juste pour en parler ? Non, il semblerait qu’il faille savoir ce qui paraît ainsi à la foule. Aussi, il faudrait non pas parler de ce qui est vrai, mais seulement de ce qui est vraisemblable. Le discours beau, c’est donc celui qui cherche à être beau, à être bien décoré, qui se fonde non pas sur le vrai, mais sur le vraisemblable, c’est celui qui manipule et qui cherche à impressionner grâce à son style. Socrate s’oppose assez clairement à cette conception du discours : il ne faut « rejeter aucune des paroles qu’ont proférées des sages, mais examiner ce qu’ils ont voulu dire » (260a). Le discours juste, c’est celui qui parle vrai, qui vise le vrai. Toutefois, est-ce à dire qu’il ne faut pas user de l’art oratoire, de la rhétorique ? Certainement pas ! Ce serait peut-être un idéal, si la vérité pouvait convaincre et emporter l’assentiment par ses seules forces. Seulement, comme il existe des personnes qui produisent de très beaux discours auxquels beaucoup adhèrent, quoique ces discours puissent être contradictoires ou faux, la vérité a besoin de l’aide de la rhétorique. Cependant, il faut rester prudent face à la rhétorique et à l’art oratoire. L’art oratoire, nous dit Platon, s’il ne poursuit que l’opinion et s’il ignore la vérité, ne vaut alors rien. Il faut donc distinguer une rhétorique qu’il faut critiquer, c’est celle des sophistes, qui ne vise que le beau, et une rhétorique comme art non pas de manipuler ou flatter l’auditoire, mais un art qui repose sur la connaissance du vrai et de l’âme humaine. Ce n’est pas pour rien que juste avant cette réflexion, Platon propose le mythe de l’attelage ailé pour décrire l’âme. La rhétorique ne doit pas être un ensemble de techniques pour convaincre, ou plutôt persuader n’importe qui de n’importe quoi, pour pouvoir tenir n’importe quelle position (Platon qui critique les différents stratagèmes de Schopenhauer dans L’Art d’avoir toujours raiso

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