Vous avez en illustration la réponse d’un membre de ce réseau à la suite de l’un de mes derniers commentaires sur un sujet d’actualité. Comme je tente toujours d’être factuelle et précise, j’ai posé mes arguments en les matérialisant par trois tirets numérotés (réflexe professionnel). Quelle ne fut pas ma surprise quand un inconnu m’interpelle d’un lapidaire : "4- L’IA pour un commentaire c’est bien quand c’est court". J’ai donc pris le... ...temps de lui expliquer que je n’utilisais jamais l’IA, préférant assumer ma "bêtise naturelle", ce qui m’a valu le commentaire mis en illustration. C’est effarant, à plusieurs niveaux. 1) Désormais la moindre image un peu trop belle, ou qui sort de l’ordinaire, se voit attribuée à l’IA. Je me mets à la place des photographes qui attendent patiemment que les circonstances soient réunies pour faire un sublime cliché ou à l’artiste qui a passé des heures à travailler sur sa toile. L’indication de l’auteur de la création ne sert donc plus à authentifier l’œuvre mais à prouver qu’elle n’est pas faite par un robot ! C’est le monde à l’envers (dans un autre registre, c’est comme en période de grève, quand il faut se déclarer à son administration comme… non-gréviste, alors que le contraire me paraitrait plus logique.🧐 Mais bon, c’est la fonction publique !). 2) Dès lors qu’une pensée est structurée et hiérarchisée, elle se voit désormais cataloguée "création de l’IA". À croire que ces mêmes personnes, se sentant incapables de réfléchir par elles-mêmes, pensent que toutes les autres souffrent du même handicap ! J’explique à mes étudiants de 1re année combien l’IA est un piège pour eux. Elle est la manifestation même de la paresse (et/ou incapacité) intellectuelle de l’utilisateur de ce procédé. Alors qu’ils sont justement là pour apprendre à réfléchir, à enrichir leurs connaissances et à développer leur esprit critique, se jeter sur l’IA pour faire leurs devoirs montre la volonté inverse. Et, comme elle est souvent identifiable grâce à des applications, c’est un beau zéro… qui se pointe ! 3) Enfin ce qui est très révélateur, c’est de se croire ainsi autorisé à diffamer une personne que l’on ne connait pas, dont on n’a lu ni les publications précédentes, ni les ouvrages…. Tentant ainsi de la rabaisser à son propre niveau. Donc j’attends avec impatience le 4) que certains ne manqueront pas d’ajouter. Sur ce, je vais aller prendre mon café bien fort comme le suggère l’auteur. Et comme "l’humour est comme le café : meilleur très noir" (B. Cèbe), je vais de ce pas me replonger dans "Les illusions perdues" de Balzac, à moins que je ne me fasse une petite perfusion avec "L’humour pour les nuls". Cela me permettra au moins de confirmer que "cet art d’exister" pour R. Escarpit est toujours d’actualité et que l’humour doit être pris au sérieux pour survivre sur ce réseau. À moins que pour mon contradicteur, il ne soit que "l’impolitesse du désespoir" (D.Noguez). 😈 Bonne journée à toutes et tous. 😊