Je vais faire un petit sujet sur ma vision des soins d'urgences en France... Cela va tomber dans la case des abus... qui sont aujourd'hui institutionnalisés et découlent des politiques gouvernementales! Il faut noter tout d'abord que l’Hôpital publique est débordé. Bien trop souvent avec des temps d'attentes assez important... Les raisons sont diverses et pas toujours bien connues... Celles que je note: -> Les hôpitaux de moins en moins financés avec une direction cherchant des bénéfices sur un "service publique" ne pouvant atteindre ces objectifs qu'en reniant la qualité et l'efficience. -> Décalage générationnel des nouveaux médecins généralistes qui n'ont pas les même aspirations que leur prédécesseurs. Les grandes villes sont privilégiées, des horaires fixes hebdomadaires moins poussés, des installations en cabinet coopératifs. On est loin du cabinet de campagne à un rythme de 10 à 12 heures par jours à 6 jours par semaines en ne comptant pas leur heures (ce qui n'est plus acceptable pour beaucoup, et ça se comprend)... Les visites à domicile et astreinte se font de moins en moins aussi. Avec les départs à la retraite des médecins les plus âgés cette transformation se fait de plus en plus ressentir. -> Féminisation de la profession, les femmes réussissent plus leur formations en médecine que les hommes, une fac (j'ai pas la source) aurait même été épinglée car surnotait les hommes pour contrebalancer cette tendance... le problème étant que les médecins femmes auraient tendance à être plus facilement à temps partiel et prendre des congés maternité... ce qui fait décroitre la capacité numérique de patientèle. -> Le Numerus Clausus (Quota d'étudiants acceptés pour continuer la formation après la seconde année, apparemment changé en Numerus Apertus) n'a pas assez augmenté pour contrebalancer les mutations dans la profession, de plus les mesures se répercutent au mieux 8 ans plus tard (Doctorat). Le besoin de plus de médecins n'étant pas assez anticipé ici... Les fermetures de lits se faisant souvent par faute de médecins (ou d'autres soignants)... je ne parle même pas du fait que certains compensent sur des services en sous-effectifs et finissent en Burn-Out. Je dirais déjà de jeter des Tomates Pourries sur les Facs, leur doyens... qui décident du Numerus Apertus mais n'ont pas le recul de voir les changements de la profession. Cependant avant c'était le gouvernement / l'assemblé qui s'en chargeait, mais ils se sont défaussés depuis 2019 de leur responsabilités de centralisation des infos/besoins nationaux à des instances locales qui ne peuvent ni avoir une vision globale des besoins, ni obliger leur diplômés à rester ou s'installer dans une région donnée (-> Déserts Médicaux) cette tâche revenant aux FAC, qui font leur sauce dans leur coin sans voir la tâche dans la globalité... Donc, s'il fallait une cible pour nos fruits avariés, ce serait plus le gouvernement / l'assemblé! On pourrait jeter des Tomates sur les médecins qui ne veulent pas se tuer la santé, enterrer leur vie sociale, mais je dirais qu'ils n'ont rien signé pour être obligés d'être asservis à leur travail tel un servage des temps modernes... Ils manqueraient peut être d'esprit de déontologie ou d'esprit de sacrifice, mais après la sélection, le stress, les 8 années d'études, les responsabilités qui deviennent plus écrasantes avec l'administratif qui se complexifie... je ne peux trop leur en vouloir! Les horaires fixes, limités avec un nombre de patients restreints pour les médecins généralistes de ville font qu'il est souvent plus simple et souvent relayé par les cabinets, d’aller aux Urgences pour se soigner en dehors des rendez-vous ou si l'un fait pas partie de la patientèle, défaussant ce besoin / cette urgence sur l’hôpital public. Les soins en pâtissent déjà avant même une hospitalisation pour un hôpital publique, qui se voit prendre des patients réorientés vers eux alors que quelques années plus tôt, les médecins généralistes prenaient une bonne partie de cette affluence hors rendez-vous... A partir de là, on entrevoit le problème de saturation des hôpitaux! En conséquence, il est fait une priorisation... et là, c'est pas joli à voir... Les personnes âgées, bien que plus vulnérables, sont souvent mis en fin de liste des priorités... L'âge et le GIR (un indice sur la validité d'une personne de 1 à 6, 1 totalement dépendant, 6 valide) sont souvent utilisés pour discriminer les personnes prioritaires en pénalisant les plus dépendants ou âgés. Pour ma part, j'ai vu des patients avec occlusions, des fractures... être renvoyés sans soins des urgences... Tout ça n'est que la conséquence des choses vus plus haut... Pour ce qui est des conseils... -> Accompagnez vos proches, surtout si c'est vos ainés et qu'ils ont des situations urgences! Entre la demande de conseil, l'aide pour l'administratif / le matériel (vêtements, affaires...), le soutien moral et le fait qu'il faut souvent insister pour que des choses soient faites... ne rechignez pas à prendre une partie de votre temps ou du moins la journée d'admission! -> Privilégiez le Privé... certes, ce n'est pas donné, il faut souvent payer un surplus, mais il est souvent préférable d'aller dans des Cliniques Privés (ya pas trop de différence sur la qualité des soins) pour les Urgences que l’Hôpital si vous ne voulez pas y passer votre journée ou plus contre une paire d'heures voir une prise en charge directe... Si vous n'avez pas de soucis majeurs d'argents (ça ne sera pas bien plus que 30 euros à votre charge sur les urgences), les soins de base ne seront pas si coûteux que ça, votre mutuelle peut même d'ailleurs en prendre en charge la majeure partie. Je sais que c'est dommage d'en arriver là, mais le confort, la qualité des soins se paye aujourd'hui en France... et une personne accompagnée sera toujours mieux soignée! Bref, un abus que l'on subit et que l'on paye alors que en France, le droit à la protection de la santé doit être garanti par les lois et règlements français... ce qui n'est plus le cas!