Je profite de cette actualité pour souligner qu'il n'est pas incohérent qu'une ancienne victime de pédocriminalité devienne à son tour bourreau. C'est un phénomène étudié en criminologie, notamment à travers des mécanismes de reprise de pouvoir, d'inversion des rôles, ou encore de perturbation du développement psychosexuel à un âge de grande vulnérabilité. Cela n'excuse évidemment en rien de tels actes, et chacun doit répondre de ses méfaits. Je constate simplement, sur Internet, beaucoup d'incompréhension face au fait qu'une ancienne victime puisse reproduire sur autrui ce qu'elle a vécu, ainsi qu'une forte "démonisation" des auteurs. On croit bien faire en imaginant certains individus comme des "monstres" au vu de la gravité de leurs actes, or cela tend à rendre les violences pédocriminelles, et plus largement sexuelles, comme marginales, appartenant à un "eux" lointain. Alors qu'elles prennent place, pour une grande part, dans le cercle proche, commises par monsieur et madame tout le monde. Cela met en lumière l'importance d'une prise en charge efficace des enfants victimes de violences sexuelles, non seulement pour les aider à se reconstruire, mais aussi pour réduire les risques de reproduction de ces violences.