**VENISE, LA SÉRÉNISSIME : GRANDEUR ET DÉCADENCE** 📆 12 mai 1797 Ce matin du 12 mai 1797, la brume flotte sur la lagune. Dans le somptueux palais des Doges, le Grand Conseil de Venise se réunit pour la dernière fois, conscient de vivre un moment tragique. Les visages sont graves, les murmures étouffés : la République, qui a défié papes, empereurs et sultans pendant plus de mille ans, est désormais sans défense. Napoléon Bonaparte, victorieux en Italie, accuse Venise de trahison après les Pâques véronaises, ces émeutes sanglantes qui servent de prétexte à l’invasion. Les patriciens, acculés, votent à contrecœur leur propre dissolution. Le doge Ludovico Manin, dernier d’une longue lignée, dépose sa couronne et quitte le palais en silence. En quelques heures, la Sérénissime s’efface, livrée à la France puis à l’Autriche. Une fin humiliante pour celle qui fut la reine de l’Adriatique, symbole de liberté et de raffinement. Le déclin de Venise ne commence pas avec Bonaparte : il s’étire sur plus de deux siècles. Dès la fin du XVe siècle, la découverte de l’Amérique et la route des Indes bouleversent le commerce mondial. Les galères vénitiennes, autrefois maîtresses de la Méditerranée, voient passer sous leur nez les richesses de l’Orient, désormais acheminées par les Portugais, puis les Hollandais et les Anglais. La cité perd peu à peu ses colonies : Chypre tombe en 1570, la Crète en 1669, la Morée en 1718. Les guerres contre l’Empire ottoman épuisent ses ressources et ses hommes. À cela s’ajoutent les épreuves intérieures... ◤la suite dans l'almanach◢ ◤Le temps d'un café - 12 mai - https://letempsduncafe.b1001d.fr/12-mai ◢