Oyez oyez amis écrivains et amoureux des mots ! Je vous propose une édition de Cadavre Exquis un peu spéciale pour ce mois de novembre. J'ai ici un texte écrit dans la foulée, je charge la première personne partante à le continuer. Bien évidemment, vous n'aurez pas à copier le texte intégral, afin de ne pas être trop limités en terme de nombre de mots. Une fois que la première personne aura fini sa partie, elle le postera et la première personne à commenter son post continuera. Suite des consignes :Je vous demanderai juste de continuer la trame à votre manière, en respectant les éléments disposés dès le début : ce ne sont pas vraiment des barrières cela dit. Le petit garçon peut très bien avoir des ailes de dragon qui lui poussent dans le dos à 8 ans, mais j'aimerais qu'on garde tout de même les éléments importants de ce premier chapitre. De même, je vous incite à lire ce que les autres écrivants ont produit afin de garder une certaine cohérence quand sera venu votre tour d'écrire.J'espère que nous serons nombreux à participer à ce cadavre exquis revisité. N'hésitez pas à vous lancer même si vous débutez tout juste dans l'écriture : le but est avant tout de créer une œuvre collective où chacun peut y mettre sa patte ! Peu importe le style, le genre littéraire de prédilection, le nombre de mots, les fautes d'orthographe (essayez tout de même de vous appliquer mais nous n'avons pas tous les mêmes facilités en orthographe qu'une prof de français)...En bref, faites vous plaisir !Le plafond de la salle à manger avait résonné comme une salle de concert mal isolée pendant toute la soirée. Les divers invités avaient commencé à plier bagages sous les coups d'une heure, prenant manteaux, enfants et bouteilles de champagnes à peine entamées pour rentrer au bercail. On criait des recommandations à ceux dont le taux d'alcoolémie ne faisait aucun doute. Les autres se contentaient de claquer des bises sur les joues grasses de ceux qui restaient. Minuit s'en était allé depuis longtemps déjà, et passée l'euphorie, le monde se devait de retourner à nouveau normalement : oui c'était officiel à présent, nous étions bel et bien en 2009. Dans à peine quelques jours, je fêterai mes six ans. Maman m'avait déjà demandé trois fois mon avis sur des cartons d'invitation, Mamie ma liste de cadeaux d'anniversaire. Pour avoir la paix, je m'étais réfugié dans ma chambre avec un bonne vieux bande dessinée de Papy, et j'avais fini par somnoler, sans réussir véritablement à m'endormir. Une envie terrible d'uriner me réveilla aussi sec. Je n'avais pas trempé mon lit depuis au moins deux ans, et ce n'était pas aujourd'hui que j'allais recommencer. J'ai enjambé mes dinosaures en plastique, longé le mur juste en face de la chambre des parents. Mon père, faites que le bébé ne se réveille pas, ou j'allais passer un mauvais quart d'heure. Mes parents n'avaient jamais levé la main sur moi, mais l'alcool rendait les adultes aussi brutes que des CM2, alors j'ai préféré jouer la carte du silence. J'ai dévalé l'escalier sans tenir compte du craquement du bois, parce que je ne voulais pas que le monstre du placard profite de la pénombre pour m'emmener. La porte des toilettes m'attendait, entrebaillée. J'ai fait ce que j'avais à faire, je me suis penché sur le lavabo en tirant sur mes jambes de grand garçon pour attendre le miroir, et j'ai saisi le savon avec ce drôle de poisson rouge emprisonné dedans. Mamie voulait le changer, mais j'avais tellement pleuré quand elle avait remplacé mon Palmolive par un vulgaire DOP que papy avait été obligé de repêcher le poisson dans la poubelle. Depuis, lui et moi, on est copain. Quand je vais aux toilettes ou me laver les mains parce que Mamie m'a surpris en train de manger des saucisses d'apéritif avec des mains sèches, je lui fait un clin d'œil, à ce petit poisson. Il ressemble un peu à Nemo, peut-être plus au père de Nemo, je ne me rappelle plus son nom alors ce sera juste Plouf, son nouveau prénom. Je lui ai souri en répétant son nouveau nom, il m'a répondu par un petit clin d'œil très mignon. Quand je suis sorti des toilettes, j'ai aperçu les nuages depuis les baies vitrées de la salle à manger. Les arbres-fantômes tambourinaient contre la vitre, mais j'avais l'habitude maintenant, on me le faisait plus. J'avais tenté d'expliquer à Camille, Camille c'est ma petite sœur, j'avais essayé de lui expliquer de manière sssscientifique comme disent les grands, que ce qu'elle prenait pour des bruits de spectres, ce n'étaient que les branches trop longues des vieux cyprès dans le jardin, mais elle continuait à ne pas vouloir faire le lien et à pleurer comme un bébé dès qu'elle entendait le moindre bruit suspect. Les restes du banquet traînaient encore sur la table. Mamie m'avait prévenu avant d'aller se coucher qu'il restait encore du tiramisu pour moi dans le frigo. J'ai pris toutes les forces de superhéros du monde entier pour ouvrir la grande porte, si bien que j'ai touché le sapin, les boules ont roulé en dessous du meuble en verre, et je pensais surtout au tintamarre que j'avais dû faire avec mes bêtises et les tas de gens qui devaient s'être réveillé en sursaut, (chéri réveille-toi, il y a un monstre dans la cuisine !) quand je me suis rendu compte qu'on m'observait depuis le canapé. J'ai souri à la drôle d'ombre, vous allez trouver ça bizarre mais je me suis dit que c'était peut-être un fantôme, le fantôme de la maison (il y a toujours un fantôme dans les vieilles maisons, et Mamie devait y habiter depuis les hommes préhistoriques), et donc que les gens se contentaient de crier quand il le voyait. C'était sans doute pour cette raison que les fantômes couraient après les gens, ils n'étaient pas habitués au sourire et à la gentillesse, les pauvres. Mon sourire a fait son effet, parce que le fantôme est parti et le visage de mon cousin s'est éclairé quand il a allumé la télé. J'avais oublié qu'il dormait ici, parce que mes grands-tantes étaient trop fatiguées pour rouler jusque chez elles, donc on leur avait refilé sa chambre, à mon cousin. Et lui, comme il était jeune, pas autant que Camille et moi mais quand même assez jeune, mais il avait quand même un métier donc c'était un grand, bah Mamie lui avait fait le lit sur le canapé. Le cousin Jerem m'a demandé ce que je voulais regarder, j'ai dit Boomerang parce que je ne voulais pas qu'il sache que j'étais un bébé qui regarde Gulli. Manque de chance Boomerang avait stoppé le programme et de jolies petites étoiles tourbillonnaient devant l'écran. Je sais qu'elles préviennent les enfants qu'il est trop tard pour être devant les écrans parce qu'elles ne font partie d'aucun dessin animé. Je le sais parce que je les ai tous vu au moins une fois, même les nuls. Jerem s'est levé. J'ai pensé qu'il allait revenir avec les tiramisu, parce que j'avais pas pensé à les prendre avec le bruit, mais non. A la place, il s'est accroupi sous le sapin et en a sorti un grand coffret que je n'avais encore jamais vu. Il s'est assis juste à côté de moi, son haleine sentait la cigarette mais j'aime bien cette odeur alors j'ai rien dit, pas comme maman qui râle tout le temps quand on sent de la bouche, même papa. Jerem, il m'a tendu le paquet, drôlement lourd mais je l'ai posé sur mes genoux. Il s'est excusé de pas avoir été là à Noël parce que sa copine voulait aller le fêter avec ses parents et qu'il n'avait pas voulu la laisser seule. Je me demande à quoi ils ressemblent, les parents de sa copine, pour ne pas qu'il veuille la laisser seule avec eux à Noël. Pourtant, j'ai déjà vu sa copine, elle est jolie comme les poupées à King Jouet, alors je la vois mal avec des parents loup-garous. J'ai demandé des explications à Jerem mais il a juste rigolé et m'a demandé d'ouvrir le paquet. Au début, j'étais un peu fâché parce que je n'aime pas ça quand les grands se contentent de rigoler dans jamais répondre aux questions, mais quand j'ai vu le logo Nintendo, j'ai plus pensé à rien. Un copain en avait une et l'avait emportée un jour, même qu'on avait failli la casser donc il l'avait rapporté à la maîtresse et nous avions tous reporté la faute sur le groupe du fond. J'étais comme un dingue. Jerem m'a aidé à retirer la DS de sa gaine en plastique, et puis il m'a montré comment insérer les jeux. Mais bon, j'étais pas idiot, j'avais vu les pubs ! J'ai tourné la tête vers Jerem pour lui faire un bisou comme me demandait toujours de faire papa avec les invités, mais il n'était plus là. Sa couverture et ses affaires avaient disparu. La DS était toujours dans mes mains, alors dans mon extase de pouvoir enfin jouer à Mario 64 avec les copains, j'ai oublié de regarder dans toute la maison où Jerem avait bien pu se cacher. Ce qu'on ne m'avait pas dit, c'est que mon cousin n'avait jamais vraiment existé…