Après une quarantaine d'heures de jeu, je viens de terminer Far Cry 2 (duquel j'ai déjà parlé sur ma chaine YT). Bilan: c'est vraiment pas un jeu que je recommanderais à tout le monde, mais ça reste un jeu intéressant à essayer sur une dizaine d'heures. Le jeu a plein de bonnes idées, comme l'UI minimale qui renforce l'immersion, le fait que la carte dans le jeu soit intradiégétique, la dégradation des armes qui peuvent s'enrayer en plein combat, le sound-design des armes et des environnements, les différentes façons dont l'IA réagit durant les combats, la propagation du feu, le "buddy system", les animations de soin critiques (qui sont certainement les plus viscérales de la série), ou encore même le fait que y a pas tant que de jeux qui prennent l'Afrique Subsaharienne comme cadre. Même le méchant, le Chacal, est bien fichu. Bon, il crève pas l'écran comme un Vaas ou un Joseph Seed, il est plus subtil que ça, c'est pas un mégalomane fou, juste un homme cynique qui a contemplé l'horreur humaine pendant trop longtemps. Malheureusement, le jeu a ses défauts, comme le fait qu'il n'y ait pas de système de libération des camps comme dans les jeux qui ont suivi (ce qui serait pas tant un défaut si les ennemis ne réapparaissaient pas aussi vite), l'absence d'un réel scénario (notre personnage se contente d'enchainer les missions sans réel fil conducteur), ou encore la malaria, qui sert juste à ralentir la progression du joueur sans trop apporter quoi que ce soit d'intéressant. Le jeu se termine même sur un anticlimax: quelle que soit la fin que vous avez choisie, le jeu vous fait bien comprendre son impact sera minimal au mieux. Et en soit, ça correspond bien aux thèmes principaux du jeu: le cynisme et l'hostilité. Le jeu se passe au sein d'une guerre qui a commencée bien avant notre arrivée et continuera bien après notre départ. Le jeu entier est hostile à l'égard du personnage principal, entre les PNJ qui vous tirent dessus à vue sans même savoir si vous êtes dans leur camp ou pas, les armes qui se détériorent à une vitesse ridicule, la géographie qui rend le terrain difficilement praticable en dehors des routes, ces mêmes routes remplies de patrouilles et d'avant-postes, et la malaria. On finit même par tuer le chef de chacun des deux camps, à deux reprises, et cela n'a aucun impact sur le déroulement de la guerre, y a juste un nouveau chef qui arrive et qui reprend là où le précédent a été interrompu. La tentative de Ruben de faire connaitre cette guerre à l'international n'aura même pas été censurée, juste ignorée. Comme le disait le Chacal dans une de ses cassettes: "Y a pas de résistance populaire, de liberté, ou de travail, y a pas non plus d'idéologie. Y a même pas de désir de victoire. Tout ça n'a pas de sens. Qu'est-ce que ça changerait si on les massacrait tous? Est-ce que ça changerait quoi que ce soit?" Conclusion: Je recommande ce jeu à tous ceux qui cherchent une expérience atmosphérique dans un environnement hostile. En revanche, si vous voulez un jeu avec une histoire bien ficelée et des personnages développés, passez votre chemin. Il en va de même si vous voulez un jeu où vous êtes un héros qui arrive à faire changer les choses pour le mieux.