Aujourd’hui, parlons d’un maître de l’animation japonaise. Malheureusement, son ava - Qwice

Aujourd’hui, parlons d’un maître de l’animation japonaise. Malheureusement, son avant-dernier film est oubliable à mes yeux ; et son prochain film ne me semble pas à-même de pouvoir fédére

Ma Fête Foraine - Qwice 2026

Aujourd’hui, parlons d’un maître de l’animation japonaise. Malheureusement, son avant-dernier film est oubliable à mes yeux ; et son prochain film ne me semble pas à-même de pouvoir fédérer les foules. Je ne peux pas avoir de respect pour un film en 3D fait par un réalisateur qui déclarait en interview conspuer la 3D et n’embrasser que l’animation traditionnelle. Donc je m’en tiendrai à ce qui a précédé, et vous verrez qu’il y a de toute façon beaucoup à dire. Le monsieur dont je vais vous parler est systématiquement sacré « le nouveau Miyazaki » par une presse fort peu imaginative, alors que Miyazaki avait rejeté sa candidature pour le Château Ambulant, et alors que ses films sont, tant sur les thèmes que sur l’idéologie, l’exact opposé d’un Miyazaki. Mais ne vous inquiétez pas, toute la presse continuera encore de dire, à chacun de ses films, que c’est « le nouveau Miyazaki », comme si ça n’avait pas été dit mille fois depuis plus de quinze ans. Faisons donc le panorama le plus complet possible de son Å“uvre. Et si vous êtes de la même génération que moi, vous avez connu très tôt l’homme dont je vais vous parler. Il vous a suffi pour cela de pousser les portes des salles obscures au printemps 2001. Et n’allez pas me dire que le film dont je vais vous parler a fait un bide. C’est la seule fois de ma vie que j’ai vu des enfants assis PAR TERRE et des adultes debout sur les marches, le cinéma ayant été SATURÉ. Je vous parle d’un film salement retouché pour le monde occidental, hybride bâtard de trois moyens-métrages, dont le troisième était d’un autre réalisateur. En effet, Digimon le Film, tel que retouché et massacré pour nos yeux et oreilles sensibles de pauvres occidentaux incapables de comprendre la culture japonaise (ne riez pas, c’est ce que ce genre de procédé odieux sous-entend), démarre par l’épisode pilote de ce qui deviendrait ensuite la série Digimon Adventure - série dans laquelle le réalisateur ferait également un épisode, d’une beauté à couper le souffle en comparaison du reste de la série. Il enchaîne ensuite avec Our War Game. C’est l’été. Le groupe de jeunes héros de la saga Digimon Adventure est éparpillé. Et un inquiétant virus commence à terrasser les infrastructures de la planète. Il s’agira pour la moitié de ces enfants (l’autre moitié étant indisponible) de parvenir à se connecter à Internet et d’envoyer leurs Digimon combattre cet horrible virus, qui finira par leur envoyer un missile à la figure. Nos héros sont soutenus par les enfants connectés du monde entier, de tous les continents ! Ce film va définir toute l’identité visuelle de Mamoru Hosoda. Jusqu’à Belle, son avant-dernier film, on retrouve non seulement l’esthétique Digimon, mais des thèmes issus de ce premier film. Des mondes alternatifs ; des voyages dimensionnels ridiculement numériques sur fond systématiquement blanc ; des transformations. Tout ça, Hosoda, après l’avoir expérimenté dans Digimon, le répète et le décline dans ses autres Å“uvres - incluant Superflat Monogram, publicité pour Louis Vuitton réalisée en 2003 -, c’est pourquoi il est difficile de pouvoir se prétendre spécialiste d’Hosoda sans avoir vu Our War Game, qui définit littéralement tout le reste de son Å“uvre. En 2006, Hosoda signe un film One Piece. N’étant absolument pas intéressé par cette licence, j’ai tout de même jeté un Å“il au trailer - on reconnait incontestablement le style de l’artiste. Toi, le fan de One Piece qui me lis, n’hésite pas à commenter pour parler de ce film, ça m’intéresse d’en savoir plus. Il est logique qu’Hosoda ait signé un film One Piece, tout comme il est logique qu’on retrouve son nom dans des génériques de Dragon Ball. En effet, tout comme Digimon, ces licences appartenant à Bandai étaient exploitées par la Toei ! Mais Hosoda allait prendre son indépendance. En 2006, avec la Traversée du Temps, il signe sa première Å“uvre majeure non basée sur une licence. Il s’agit à la fois d’une adaptation et de la suite du livre du même nom, très court roman de science-fiction japonais qui, en France, a été édité par France Loisirs. L’héroïne du roman est présentée comme la tante de l’héroïne du film, Makoto. Il y a quelques faux-raccords à ce sujet, mais rien de franchement gênant. Tout comme sa tante, Makoto a deux amis. Tout comme sa tante, Makoto va vivre une expérience paranormale dans la salle de sciences de son lycée. Et tout comme sa tante avant elle, Makoto va être en danger de mort imminente. Cela déclenchera un déplacement tout à fait digimonesque dans l’espace-temps. Le film, avec son rythme soutenu, offre un récit bien plus intense que le livre d’origine, que je pourrais résumer en « la science-fiction méta rencontre l’eau de rose ». Avec son style reconnaissable entre tous, Hosoda signe un premier grand film extraordinaire ; tellement qu’il utilisera l’image de l’héroïne comme logo de son futur studio, Chizu. Trois ans plus tard, une connaissance me dit de foncer au cinéma voir Summer Wars. J’ignorais encore tout de l’homme dont je n’avais vu que les prestations sur Digimon. Je n’ai pas foncé au cinéma. AUCUN CINÉMA de ma région n’a diffusé Summer Wars. Mais lorsque j’ai enfin eu le DVD entre les mains, j’ai vu un film qui m’a retourné le cerveau. Car ce film… c’était Our War Game. C’était une copie conforme et rallongée de Digimon. Sans les Digimon. Tout était là. Et je me rappelle encore très nettement, juste avant la scène du missile, avoir prononcé la phrase : « et allez, il va y avoir un missile ». Summer Wars est un film extrêmement prévisible, car c’est un film recyclé. Mais ce qu’il ajoute, il l’ajoute bien. Le propos prend une dimension plus adulte. Les protagonistes sont une grande famille aristocratique, soudée par une vieille matriarche. Le héros et sa copine sont superbes dans leurs rôles. Avec Summer Wars, Hosoda parfait et sublime une Å“uvre antérieure. Je n’avais pas attendu ça, mais après mon premier visionnage du film, j’étais vraiment heureux, en dépit du fait que ce n’était pas autre chose qu’un recyclage. Summer Wars transforme effectivement l’essai de Digimon avec un récit à la fois plus dense et plus accessible à tout public. Ainsi, l’auteur s’est-il réapproprié sa propre intrigue sans le poids d’une licence. Hosoda montre avec ce film qu’en plus des univers parallèles, un autre sujet lui tient à cÅ“ur : la famille. En 2012, avec Les Enfants Loups, film devenu introuvable en France en DVD à moins de payer une fortune (ne vous inquiétez pas pour moi, je l’ai finalement importé du Royaume-Uni), Hosoda parle d’une mère seule suite au décès de son compagnon loup-garou. Contrainte d’éduquer deux enfants capables de se transformer en loups à volonté tels des Digimon qui évoluent (quand je vous dis que le réalisateur boucle), elle les emmène à la campagne, trouve une vieille masure et parvient, par la force de sa volonté, d’un travail acharné et de l’aide des voisins, à devenir autonome, ce qui évidemment force le respect. Aussitôt après avoir parlé de maman, Hosoda s’intéresse à la relation entre un père et un fils. Dans Le Garçon et la Bête, un enfant fugue. Il devient le fils adoptif d’une bête anthropomorphe dans un autre monde, et vit sa meilleure vie dans ce simili-Monde Digital. Film chargé émotionnellement quoique moins que son prédécesseur, Le Garçon et la Bête emprunte surtout au genre du shonen pour construire un récit efficace sur la transmission et les valeurs liées à ce type d’œuvre. Ainsi arrive-t-on à Miraï ma petite sÅ“ur, l’histoire d’un petit garçon qui voit arriver dans sa vie le nouveau bébé de maman, et ne supporte pas ce changement. Et c’est encore un film de voyages dans d’autres mondes, ici beaucoup plus orienté comédie. Vous pleurerez beaucoup moins devant ce film ; alors que les Enfants Loups était un métrage d’une rare brutalité (la mort du père, l’agression d’un camarade de classe) et que Summer Wars n’avait pas eu de problème à mettre en scène un décès tragique. Dans Miraï, le pire qui arrive, c’est de se perdre dans une gare. Ah, une petite fille se fait tancer par sa mère, et on aura également une scène de flashback honnêtement émouvante. Bon, on a vu plus triste. Pour faire simple, le petit garçon apprendra à enfin accepter sa petite sÅ“ur grâce à des voyages dans le temps et dans l’espace impliquant des membres de sa famille - à commencer par le chien. Qu’est-ce que je pense de Belle, malgré tout ? Que c’est un énième monde digital beaucoup trop proche de celui de Summer Wars ; que quelqu’un devrait dire à Hosoda que La Belle et la Bête n’est pas avant tout et en premier lieu un film de Disney avec une scène de danse et dans lequel des villageois fous (ici des modérateurs) saccagent un château ; que je n’ai pour ainsi dire rien retenu de ce film en-dehors justement des références lourdes à Disney, d’une bande son agréable (c’est tout de même heureux, pour un film consacré à une chanteuse) et d’une ou deux scènes se détachant d’un ensemble somme toute bien réchauffé. Je n’ai pas franchement d’espoir pour Scarlet, pour les raisons déjà évoquées. J’espère que ce n’est qu’un égarement et que l’artiste compte revenir à la 2D ensuite, mais cet espoir est bien mince. Le trailer ne parvient pas à me donner envie. Restent tout de même pour la postérité cinq long-métrages inoubliables et un style graphique reconnaissable entre mille, bien loin et très différent des Å“uvres des studios Ghibli, n’en déplaise à Libération et consorts. Pendant près de 20 ans, Hosoda a pavÃ

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