Les pensées limitantes d'autrui, et leurs potentielles influences sur nous. C'est un sujet que j'ai beaucoup observé au cours de ma vie, et sur lequel j'aime échanger. On n'en remarque peut-être pas toujours l'existence ni les effets. Or, selon moi, c'est une clé importante du développement de soi. Avez-vous déjà vécu l'expérience suivante ? Dans le cadre scolaire, professionnel ou autre, il y a une tâche à accomplir, mais elle ne vous stresse absolument pas, et cela de façon totalement naturelle. Puis, en en discutant avec quelqu'un (qui parfois aborde le sujet de lui-même), vous réalisez que cette tâche "mériterait" en fait que vous stressiez davantage, au vu de la façon dont cette personne en parle. À partir de ce moment-là, vous devenez une éponge émotionnelle, commençant à craindre cet événement, à l'amplifier dans votre esprit, comme si l'autre vous avait transmis sa propre peur. Mais, étrangement, vous la réussissez avec facilité, et vous comprenez alors que cette peur n'était pas la vôtre. À l'inverse, il peut exister des situations où le stress absorbé vous mène à un résultat moins favorable. Peut-être que si vous étiez resté à l'écart de cette influence externe, votre calme vous aurait porté vers la réussite. Ce n'est qu'un exemple de la manière dont les croyances limitantes d'autrui peuvent se répercuter sur nous. Je peux aussi évoquer des situations où la personne aux pensées "négatives" est moins innocente que dans le précédent exemple : lorsqu'elle cherche délibérément à vous décourager d'un projet dans lequel elle a elle-même échoué, en vous transférant son propre dégoût. Ou lorsqu'elle vous envoie le message subtil de "rester à votre place". Ce sont des situations dont il faut savoir se prémunir. Évidemment, sans tomber dans une forme de paranoïa qui se transformerait en méfiance excessive envers les autres. Comprenez que chacun a sa personnalité, ses forces, ses faiblesses, ses expériences traumatiques ou décourageantes. De la même façon, chacun a ses ambitions, qu'il filtre plus ou moins à travers son propre bagage. Nos projections et celles des autres ne constituent pas une vérité universelle. Vous pouvez souffrir d'anxiété chronique et parvenir à en faire un carburant qui vous rend rigoureux. Vous pouvez aussi accueillir les choses avec légèreté, être ouvert aux échecs potentiels, et devenir ainsi "chanceux" dans vos entreprises. Vous pouvez avoir un parcours peu avantageux, mais être profondément convaincu que vous allez réussir, vous surpasser, et être fier des sommets que vous aurez gravis. Autant de trajectoires singulières qui montrent que chacun doit adapter ses pensées vers la réussite selon SA propre sensibilité. Anticiper les choses selon SA propre personne. C'est précisément pour cette raison que se fier aveuglément aux peurs d'autrui, ces peurs avec lesquelles ce quelqu'un anticipe les événements à travers son propre prisme, est peu judicieux. Cela revient à s'enfermer dans la réalité de quelqu'un d'autre. Et je parle ici de croyances limitantes, mais l'excès de confiance d'autrui peut également nous biaiser là où nous avons des faiblesses sur lesquelles travailler. Étant des animaux sociaux, nous ne pouvons éviter d'entendre les peurs des autres. De plus, ces derniers ont le droit d'exprimer leur stress, de l'extérioriser. Toutefois, nous pouvons apprendre à développer du recul, une forme de distanciation saine. Certaines mises en garde sont bonnes à prendre, lorsqu'elles sont sensées et utiles pour qu'on soit plus assidus, pour qu'on se perfectionne. Mais il faut apprendre à filtrer ce que l'on entend, afin d'écarter ce qui n'est pas pertinent au regard de notre propre réalité. À travers ce texte, je ne vante pas une méritocratie hégémonique dénuée de bon sens. Je veux simplement partager un message qui apporte plus de paix intérieure et de confiance en soi. Je suis sûre qu'avec un peu de réflexion, certains parviendrons à identifier une expérience où ils ont été influencés par les craintes ambiantes, avant de réaliser qu'il y avait plus de peur que de mal. Pensez-y.