Aujourd'hui, on parle funéraire. Cette semaine, Qwice a choisi d'aborder le sujet du carré des anges. Qu'est ce que c'est ? Comment ça se passe ? Je vous explique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'attends vos votes pour le prochain sujet à aborder. Le carré des anges : Aujourd’hui, nous allons aborder un sujet un peu plus sensible que les précédents : les spécificités du carré des anges, ou autrement dit, nous allons parler de l’inhumation des enfants. Avant de commencer, je vous propose de définir ce que l’on entend par « enfant ». On parle d’enfant mort-né (ou Enfant Présenté Sans Vie) à partir de 20 semaines de grossesse (22 semaines d’aménorrhée) ou si l’enfant a atteint un poids de 500 grammes. Le carré des anges est quant à lui réservé aux enfants allant jusqu’à 10 ou 12 ans environ. Et même s’il est possible que l’urne d’un ou d’une adolescente rejoigne la concession où repose déjà son frère ou sa sœur, l’inhumation de cette même personne dans un cercueil ne pourra pas se faire dans un terrain réservé aux enfants. La raison est purement technique : c’est la taille du terrain qui entre en ligne de compte. Pour un terrain adulte, on compte 2 m² (1 x 2 m) et pour un terrain enfant, on compte 1,20 m² (1 x 1,20 m) ; un adulte ne pourra donc pas entrer dans un terrain dédié aux enfants. Il semble donc logique que le cimetière aménage une allée, un carré, un espace dédié à ces terrains aux dimensions spécifiques, tout comme il aménage des espaces dédiés aux cavurnes. Mais, au-delà de cet aspect terre à terre, il est important de pouvoir créer un espace spécifique et intimiste dans lequel les familles peuvent se recueillir : la tombe d'une personne âgée, souvent austère, ne ressemble pas aux monuments colorés et garnis de peluches et de moulins à vent des enfants... Parlons maintenant législation. En France, rien n’oblige les communes à définir un carré des anges au sein de leur cimetière. De plus, un terrain d’enfant est soumis aux mêmes lois qu’un terrain d’adulte, à la seule exception qu’un contrat pour un terrain enfant ne peut pas être un contrat collectif (on ne peut pas définir en avance qui y sera inhumé) : il ne peut être que familial (pour l'enfant et d'autres enfants de sa famille) ou individuel (uniquement pour cet enfant). Un enfant peut également bénéficier d'une inhumation en terrain commun. C'est notamment le cas des pupilles de l'état. En Belgique, on appelle cet espace dédié aux enfants « la parcelle des étoiles » et, depuis le décret du 6 mars 2009, chaque commune doit en aménager une sur son territoire. Chez nos amis belges, le sujet a été légiféré : sont admis dans la parcelle des étoiles les fœtus nés sans vie à partir du 106ᵉ jour de grossesse (un peu plus de 3 mois) et jusqu’à la majorité de l’enfant. De plus, contrairement à la France où chaque terrain est sous contrat, les emplacements de la parcelle des étoiles ne sont pas nécessairement concédés mais continuent d'appartenir à la commune. Sources : - Circulaire du 30 novembre 2001 sur les critères de viabilité de l’Organisation Mondiale de la Santé. - Question écrite du 12/10/2023 – Parlement de Wallonie - Ordonnance du 29/11/2018 sur les funérailles et sépultures Illustrations : - Parcelle des étoiles du cimetière de Saint Géry, ville de Chastre (Belgique) - Gisant d’enfant – sépulture Bénard-Danel – Cimetière du Père Lachaise, Paris - Stèle enfant "Stèle Eléphant" de chez Monuments Funéraire (monumentsfunéraires.com)