Aujourd'hui, on parle funéraire. Cette semaine Qwice a choisi le mystérieux thème - Qwice

Aujourd'hui, on parle funéraire. Cette semaine Qwice a choisi le mystérieux thème de "Monsieur Z". Bonne lecture et à vos votes pour le thème de la semaine prochaine. Monsieur Z :

RadisAtomique - Qwice 2026

Aujourd'hui, on parle funéraire. Cette semaine Qwice a choisi le mystérieux thème de "Monsieur Z". Bonne lecture et à vos votes pour le thème de la semaine prochaine. Monsieur Z : Derrière ce titre quelque peu mystérieux, se cache une subtilité de la loi française : la différence entre le droit à la sépulture et le droit à l’inhumation. Pour illustrer mes propos, j’aurais pu vous parler de la sépulture des tristement célèbres frères Kouachi mais j’ai préféré vous parler d’un cas plus récent : l’inhumation de Monsieur Z. Certains l’auront peut-être reconnu : il s’agit de Protais Zigiranyirazo, beau-frère de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, dont le nom reste dans l’histoire comme un personnage central du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Monsieur Z est décédé le 3 août dernier au Niger et son corps a été rapatrié à Orléans, où réside une partie de sa famille, pour y être inhumé. La mairie avait, dans un premier temps, donné son accord pour l’inhumation mais, devant les protestations des associations de survivants du génocide rwandais, le maire est revenu sur sa décision, publiant un arrêté stipulant qu’il existait « un risque sérieux de trouble à l’ordre public » ; ne souhaitant pas que la tombe de Monsieur Z devienne un lieu d’exaltation pour les partisans du génocide ni courir un risque de violation des sépultures sous prétexte de l’inhumation de ce monsieur au sein du cimetière. C’est donc ici que la nuance intervient : tout Français a le droit à une sépulture mais le droit à l’inhumation n’est pas garanti. En effet, lorsqu’une sépulture risque de devenir un lieu de troubles, d’exaltation politique ou de confrontation mémorielle, voire que le cortège funéraire lui-même peut présenter un risque de trouble à l’ordre public, le maire peut s’opposer à l’inhumation. Ces cas sont très rares mais peuvent malgré tout être contestés par la famille devant le tribunal administratif. Et maintenant, vous vous demandez certainement : que fait-on du défunt dans ce cas-là ? Le défunt a bien droit à une sépulture mais : - L’inhumation se fera en dehors des heures d’ouverture du cimetière au public - Le monument ne portera aucun nom ou signe distinctif particulier - Seule la famille très proche du défunt est autorisée à assister à l’inhumation - Seules quelques personnes de l’administration sont mises au courant de qui est réellement inhumé dans la concession : le dossier porte généralement un nom d’emprunt, voire pas de nom du tout. Sources : - Articles L 2213-8 et L 2213-9 du Code Général des Collectivités Territoriales - Article 16-1-1 du Code civil - https://www.funeraire-actualites.fr/ Illustrations : - Le cimetière des Anonymes de Vienne (Autriche) par Danube-culture - Tombeau anonyme à Maillé en Vendée par Yannis Suire pour L’Inventaire du Patrimoine - Tombe anarchiste anonyme de Condé (Cher) par Le Livre de Meslon

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