Bienvenus dans les Folles anecdotes du taff. Cette fois, je vous raconte l'histoire d'une larme cachée. Bonne lecture et à vos votes pour la prochaine histoire ! Une larme cachée Un après-midi, un homme d’environ 70 ans se présente à la conservation pour renouveler la concession de ses parents. Monsieur est très organisé : il a tous ses documents, a préparé son chèque et entre dans le bureau avec un petit sourire. Il enlève sa casquette et, mon collègue étant au téléphone, s’installe devant moi. Pendant que j’enregistre son renouvellement, il papote d’un ton léger et me parle de ses frères et sœurs, qui ne viennent pas souvent, de l’entretien du cimetière et d’autres petites choses. Tout se passe pour le mieux jusqu’à ce que mon collègue termine son appel et sorte de la pièce pour, très certainement, aller chercher quelque chose dans les archives. Je me retrouve alors seule avec ce monsieur. Au moment précis où mon binôme quitte la pièce, j’entends mon interlocuteur renifler bruyamment mais n’y prête pas attention : sans vouloir être médisante, certaines personnes un peu âgées n’ont pas toujours conscience de leur manque de politesse. Je continue le renouvellement et finis par lever la tête de mon ordinateur, car mon interlocuteur est soudainement devenu très silencieux. Je vois alors que ce petit monsieur si respectable et enjoué a maintenant de grosses larmes qui roulent sur ses joues. Quand je croise son regard, il me dit, entre deux sanglots : « Ils me manquent tous les jours… Ça fait plus de trente ans, mais… ils me manquent… Et chaque fois que j'y ... pense... je vois... l'urne...» J’essaie de le consoler par un : « C’est normal qu’ils vous manquent, c’est l’inverse qui serait étrange », mais ne réussis qu’à faire couler un nouveau flot de larmes. Quelques instants passent et mon collègue rentre dans la pièce. Je lève de nouveau la tête pour annoncer que j’ai fini le renouvellement et là, monsieur a retrouvé sa « poker face » : plus une larme, plus une voix qui tremble. Il avait juste besoin d’un instant pour se lâcher, de préférence loin des regards masculins.