Je suis allée voir le théâtre de plein air “Incorporées malgré elles” dans le... - Qwice

Je suis allée voir le théâtre de plein air “Incorporées malgré elles” dans le tout petit village de Hatten. Le lieu a été choisi pour son grand espace et sa scène installée devant le bunk

Tallye67 - Qwice 2026

Je suis allée voir le théâtre de plein air “Incorporées malgré elles” dans le tout petit village de Hatten. Le lieu a été choisi pour son grand espace et sa scène installée devant le bunker du Musée de l’Abri. Il y avait une partie en français et une partie en alsacien, sous-titrée sur un grand écran pour ceux ne comprenant pas tout comme moi : c’était vraiment bien fait et des spectateurs de tout âge. Pour ceux qui connaissent le Puy du Fou, c’est dans le même esprit. Chaque année, un nouveau spectacle est proposé, avec 15 représentations chaque été. Ces spectacles historiques grandioses existent depuis 2006… et je viens tout juste de les découvrir, alors que j’habite à 20 minutes ! En tant que moitié Alsacienne, j’ai trouvé ce spectacle bouleversant, c’est une partie de notre mémoire collective qu’il ne faut pas oublier. Désolée si c’est un peu long, mais je veux expliquer ce que sont les Malgré-nous : ces incorporations forcées restent un épisode méconnu de notre histoire, notamment pour beaucoup de Français, et surtout les jeunes. Pour les hommes alsaciens et mosellans, ils étaient nés Français, mais annexés de force par l’Allemagne nazie et obligés de s’inscrire dans la Wehrmacht à partir de 1942 pour aller combattre en Russie, qui à l’époque était plus ou moins un allié comparé à aujourd'hui. S’ils avaient le malheur de déserter et de se cacher dans nos forêts parce qu’ils se sentaient français, et qu’ils étaient retrouvés, ils étaient envoyés dans des camps de concentration en Pologne ou simplement fusillés. Pour les jeunes filles nées entre 1923 et 1927 (16-19 ans), elles n’avaient pas le choix et devaient partir dans des camps de travail en Allemagne. Celles qui n’étaient pas obéissantes au goût des Allemands étaient envoyées dans le camp de Schirmeck pour un « redressement ». Elles ne savaient pas au départ, mais si elles avaient la malchance d’être blondes aux yeux bleus, certaines partaient dans les Lebensborn pour créer une race aryenne de blonds aux yeux bleus, censés être parfaits selon l’idéologie nazie du taré de lépoque… mais elles ignoraient ce sort en partant de chez elles, et leurs parents n’en savaient rien avant leur retour. (À voir absolument : le film Malgré-elles, avec Macha Méril et Flore Bonaventura.)

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