J'ai fini, hier, Qui dit je en nous ? de Claude Arnaud. Et je suis assez mitigé. Dans - Qwice

J'ai fini, hier, Qui dit je en nous ? de Claude Arnaud. Et je suis assez mitigé. Dans ce livre, l'auteur raconte l'histoire de l'identité (le "Je", le cogito, l'son unitÃ

Petitcapybara - Qwice 2025

J'ai fini, hier, Qui dit je en nous ? de Claude Arnaud. Et je suis assez mitigé. Dans ce livre, l'auteur raconte l'histoire de l'identité (le "Je", le cogito, l'son unité, sa multiplicité, l'inconscient, etc.) notamment en s'attardant sur certains auteurs (Pessoa) et leur rapport à l'identité dans leurs oeuvres, ou encore en s'appesantissant sur certains événements et personnages historiques (Martin Guerre) qui remettent en question l'identité unique, celle qui a des racines généalogiques, etc. Si la première moitié du livre est assez intéressante, plutôt riche et pertinente vis-à-vis du sujet traité, dans les exemples choisis et leur analyse, la seconde moitié devient assez vite répétitive et imprécise (ou allusive dans certains cas). Aussi, si j'ai pu apprécier les 200 ou 250 premières pages, j'ai fini par trouver les 200 pages restantes assez lourdes... Le texte se découpe en 3 parties. I. Une généalogie du "moi" (partie très courte) qui revient sur la formation du concept de "moi", de sujet, de "je" - concept hérité par Augustin et le christianisme, repensé par Montaigne puis repris par Descartes et Locke. II. Une série de divers exemples (Martin Guerre, la réflexion de Spinoza, Pessoa, le cinéaste Von, etc.) dont l'analyse permet de conceptualiser davantage l'identité de l'individu. Toutefois, si les 5 premiers chapitres de cette seconde partie sont intéressants et innovent la réflexion, les 4 derniers sont bien trop répétitifs (comme si rien n'était ajouté à la réflexion) voire allusifs. Au final, on est sur quelque chose de flou, de peu conceptualisé, des exemples choisis sans vraiment d'intérets. III. La dernière partie se concentre sur des éléments "contemporains" de notre réflexion sur l'identité. On cesse de concevoir l'identité comme ayant des racines profondes, et on conçoit l'identité comme étant une construction, une accumulation et une (ré)appropriation de certains traits culturels, d'un certain rapport au corps, etc. Cette partie a du potentiel, mais oublie d'analyser ce dont elle parle. La transidentité (que l'auteur semble ne pas bien comprendre) ou le TDI (trouble dissociatif de l'identité) auraient pu être analysées de manière plus poussée : ce sont deux cas étonnants pour conceptualiser l'identité - tout particulièrement le TDI qui n'est jamais vraiment analysé, seulement décrit. Si le livre est une bonne introduction pour penser l'identité, pour comprendre certains éléments problématiques de la question que pose le "Je", il est aussi assez répétitif. J'aimerais ajouter ceci : si pour certains auteurs, Claude Arnaud les mobilise en les ayant compris, en les ayant lus, et en les ayant assimilés, pour d'autres, je suis assez embarrassé. Concernant Descartes, on est plus sur une accumulation de formules assez creuses qui dénote bien plutôt d'une mécompréhension du cartésianisme : le corpus cartésien a-t-il été lu ou bien Descartes n'est-il connu qu'au-travers de quelques citations ou de quelques présentations/vulgarisations ?

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