Aujourd'hui, on parle funéraire et cette semaine, Qwice a choisit de parler des rites funéraires musulmans. Je vous souhaite une bonne lecture et j'attends vos votes pour le prochain sujet à aborder. Les rites musulmans: Loin de moi l’idée de juger si certains rites sont meilleurs que d’autres, je vous emmène explorer les différentes étapes d’un enterrement musulman. Cette description n’est évidemment pas entièrement exhaustive et peut comporter certaines lacunes. De plus, tous les rites ne sont pas nécessairement accomplis : tout dépend, évidemment, de la pratique et des traditions de chacun. Le mot d’ordre des rites funéraires musulmans est la sobriété : il n’y a pas de fleurs lors d’un enterrement musulman et, le jour des funérailles, la présence est souvent majoritairement masculine. Dans certaines traditions culturelles, les femmes et les enfants, jugés plus sensibles et plus enclins à laisser paraître leurs émotions, sont en retrait et se recueillent ultérieurement, parfois après la mise en terre ou le lendemain. Toutefois, cette pratique varie selon les pays et les familles. Un enterrement musulman se fait idéalement dans les 24 heures suivant le décès. En France, ce délai est généralement porté à 48 heures en raison des procédures administratives. Traditionnellement, le défunt est déposé directement en terre, enveloppé uniquement dans un linceul (kafan), composé d’un nombre impair de pièces de tissu blanc non cousues (généralement trois pour un homme, cinq pour une femme). Le corps est positionné sur le côté droit, le visage tourné vers La Mecque. En France, la loi impose l’usage d’un cercueil. Les familles choisissent donc généralement un cercueil simple, sans capiton, qui sera ensuite placé en fosse. Dans la tradition musulmane, le corps du défunt doit être purifié avant l’inhumation. La première étape après le décès est donc la toilette mortuaire (ghusl). Le corps est lavé un nombre impair de fois (généralement trois), par quatre personnes du même sexe que le défunt ou par le conjoint. Cette toilette est effectuée par des proches formés ou par des membres habilités de la communauté religieuse. La prière funéraire (Salat al-Janaza) peut être accomplie à la mosquée, mais cela n’est pas une obligation. Elle peut également se tenir au cimetière. Elle est dirigée par un imam ou une personne compétente en matière religieuse. Lors de cette prière, plusieurs takbir (« Allahu akbar ») sont prononcés (généralement quatre). Ils sont suivis de la récitation de la première sourate du Coran (Al-Fatiha), d’une prière sur le Prophète, puis d’invocations pour le défunt. Après l’inhumation, différentes périodes de deuil peuvent être observées : - La famille du défunt respecte généralement trois jours de deuil durant lesquels elle reçoit les condoléances et des prières sont récitées. - Pour la veuve, la période de deuil religieux (‘iddah ou Lune de la veuve) est traditionnellement de quatre mois et dix jours. Durant cette période, elle observe certaines règles de retrait social. - Dans certaines cultures, des rassemblements peuvent avoir lieu le 7ᵉ ou le 40ᵉ jour. Toutefois, ces pratiques relèvent davantage de traditions culturelles que d’obligations religieuses. Enfin, l’islam privilégie l’inhumation et interdit la crémation. L’enterrement dans le pays d’origine peut être souhaité par certaines familles, mais il ne constitue pas une obligation religieuse. Sources : - https://advitam.fr/ - https://www.islamweb.net/ - https://www.lapiete.com/ Illustrations : - Enterrement en carré musulman – Obsèques Nour - Salwa Kadri expose un kafan à la mosquée Al Rashid. Le vêtement traditionnel est enroulé autour d’un corps en préparation d’un enterrement musulman. Photo : Ariel Fournier - Carte postale ancienne : Macédoine – Enterrement musulman