Tintin au Congo, contrairement à ce que l’on entend parfois, n’est pas vraiment un album « raciste » au sens strict. C’est avant tout une œuvre de son temps, marquée par les mentalités et la vision du monde d’une époque révolue. Mais il faut le reconnaître : certains passages peuvent être choquants aujourd’hui. Ce n’est clairement pas un livre à mettre entre toutes les mains sans explication, et il mériterait un avertissement en début d’ouvrage pour replacer l’histoire dans son contexte historique. Ce qui m’a le plus dérangé, ce n’est pas tant la caricature des Congolais que la survalorisation de l’homme blanc, et notamment de Tintin. Plusieurs scènes montrent les habitants se prosternant devant lui comme s’il leur était naturellement supérieur, ce qui est gênant. La scène finale, en particulier, m’a vraiment mis mal à l’aise. En revanche, j’ai trouvé positif l’épisode où un prêtre donne des cours aux élèves. Contrairement à ce que certains anticléricaux aiment affirmer, ce type d’éducation a réellement apporté quelque chose de bénéfique au Congo à l’époque. Mais malgré cela, la manière dont Tintin est présenté comme une idole reste problématique, et je le répète : la dernière case me dérange énormément (je dirais même qu'elle est anti-chrétienne anti-biblique voir paganiste, ma mère m'avait même demandé d'enlever cette page de la couper ou de coller quelque chose dessus tellement elle était malsaine (Contrairement à l’idée reçue, idolâtrer un homme, une race ou un idéal racial est une forme de paganisme, car « Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour son appui et qui détourne son cœur de l’Éternel » (Jérémie 17:5). Il est aussi écrit : « C’est l’Éternel que vous craindrez et c’est à lui que vous rendrez gloire » (Deutéronome 10:20), et encore : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Exode 20:3). Un autre point marquant, c’est la violence envers les animaux, qui saute aux yeux aujourd’hui. Dans l’aventure, Tintin abat plusieurs antilopes, tue un singe pour utiliser sa peau, enfonce un fusil dans la gueule d’un crocodile, abat un éléphant pour ses défenses en ivoire, lapide un buffle et, dans les versions originales, perce un rhinocéros avant de placer de la dynamite dans son corps pour le faire exploser. Des scènes qui, à notre époque, passeraient très mal. Et pour élargir un peu le propos, je dirai que je préfère une Église catholique structurée, avec des prêtres organisés et sérieux (et c’est un baptiste, donc un protestant évangélique, qui vous le dit), plutôt que certains courants pentecôtistes qui prêchent l’« évangile » de prospérité, comme le fait Cospiel – un sujet sur lequel je reviendrai dans un autre article.