J'en ai peut être déjà parlé ici, mais je crois avoir appris avec le temps qu'il existe globalement deux types d'artistes : Le premier, c'est l'artiste mégalo qui écrase le public avec le génie de son art. Il impose son idée à la face du monde, et tant pis si cela plait ou non. C'est son oeuvre, c'est comme ça, et il demande à être aimé et admiré pour son génie et son travail. Dans cette catégorie, on peut trouver des monstres et des légendes comme Ludwig Van Beethoven, mais on peut aussi trouver l'artiste fils à papa qui a payé 40k € une école d'art privée et qui ne trouve aucun succès en se plaignant que le public n'a aucun goût et ne sert à rien. Ici l'artiste a une relation verticale avec le public. Il prend le public de haut. De l'autre côté, on va trouver des artistes qui se positionnent plutôt comme au service du public. L'artiste qui va d'abord chercher à plaire au public, et à lui proposer une expérience sensorielle enrichissante. L'artiste a une relation beaucoup plus horizontale avec son public et se place à son niveau. Et dans nos sociétés de plus en plus individualistes, à l'ère des selfies, du personnal branding, du culte de la personnalité et du storytelling, si je devais donner un conseil aux artistes, c'est d'essayer de plutôt être du côté des seconds que du côté des premiers. Essayer d'être utile à la société, de nouer des liens, de comprendre et d'interagir avec leurs contemporains, plutôt que d'essayer de plaquer et d'imposer leur création sur le réel. 📸 : Trougnouf (Benoit Brummer) - Street Musicians In Brussels, Licence CC-BY 4.0