La Fantasy est un genre littéraire à part entière, qui est plein de sous-genres. Parlon - Qwice

La Fantasy est un genre littéraire à part entière, qui est plein de sous-genres. Parlons aujourd’hui de deux trilogies (dont une est devenue récemment quadrilogie) généralement vendues dans le

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La Fantasy est un genre littéraire à part entière, qui est plein de sous-genres. Parlons aujourd’hui de deux trilogies (dont une est devenue récemment quadrilogie) généralement vendues dans les rayons jeunesse, mais qui valent lecture à tout âge. LE LIVRE DES ÉTOILESCocorico. Le Livre des Étoiles est une fantasy française.Chaque livre de cette série propose une quarantaine de chapitres, tous extrêmement courts, ce qui en fait une série très accessible pour les enfants.Le quatrième volume est fait par un repreneur. Mais quel repreneur. Je n’ai jamais lu une reprise d’aussi bonne qualité. Intégrez-la à tout prix dans une lecture de cette série. Il faudrait un tome 5.L’univers du Livre des Étoiles se scinde en trois mondes : le nôtre, appelé Monde Certain, le pays d’Ys, détaché de la Bretagne, flottant dans une autre dimension, et le Monde Incertain, qui n’a aucun rapport de près ou de loin avec le nôtre. Ys est une sorte de pont entre ces deux mondes si différents.À Ys on a gardé la chevalerie, et à Ys on pratique la sorcellerie. Mais à Ys on regarde la télévision, on va sur Internet, et on mange du Nutella, et les quelques scènes qui évoquent ce produit, exaspérantes au possible, sont bien le seul point noir du récit.La sorcellerie déjà. Parlons-en : cette forme de magie est clairement inspirée du grand Nord et des vikings. Les graphèmes, l’alphabet magique de cet univers, ne sont rien de plus que le Futhark.Et c’est formidable. Ce n’est pas une baguette magique et un sortilège. C’est « je trace le graphème dont j’ai besoin sur le sable et je prends à distance le contrôle des ordinateurs du lieu ».C’est GÉNIAL.Harry Potter peut se rhabiller. Dans un duel entre Guillemot de Troïl au summum de ses capacités et Voldemort, le type sans nez n’a AUCUNE CHANCE.Guillemot donc, gamin d’Ys qui voulait tant devenir chevalier, apprend du jour au lendemain qu’il possède un talent en magie extraordinaire. Un peu déçu quand même de laisser tomber la chevalerie, il accepte de suivre l’entraînement du sorcier Qadehar, empreint de magie druidique, et donc forcément supérieur à des sortilèges à la baguette magique.Hélas pour Guillemot, dans son monde il y a un méchant manichéen, qui se fait appeler l’Ombre, et se présente d’ailleurs sous une forme éthérée noire rappelant précisément une ombre. Et l’Ombre, désireuse de s’emparer de la puissance cachée du Livre des Étoiles, en a après Guillemot.Sauf que pas de bol : ses laquais kidnappent la mauvaise personne. Alors Guillemot et ses amis se rendent dans le Monde Incertain pour sauver celle qui était jusque-là victimaire du héros.Vous pouvez aussi lire mon résumé expéditif (mais plus complet et imagé) du tome 1 sur http://vrac.pixelstories.fr/13.php .Guillemot est un personnage intéressant. Ni bon, ni mauvais à l’école, absolument pas parfait, mais surdoué en magie. Sa troupe d’amis est hétéroclite et on a envie de tous les fréquenter, y compris l’intrigant Bertram qui fait son apparition dans le second volume.Le Livre des Étoiles est une saga presque sans défaut. Si, le titre est peut-être un défaut, car à la fin du troisième opus, le livre disparaît pour de bon, donc le titre du quatrième devient forcément un peu hors-sujet. Je n’irai pas défendre Érik l’Homme de n’avoir jamais envisagé un tome 4 : la fin du 3 est beaucoup trop ouverte !Avec le tome 4 paru récemment, la saga obtient à la fois une vraie fin… et pas vraiment. Parce que c’est trop bon. Avec un amour évident pour l’œuvre originale, l’auteur met méticuleusement en scène tout ce qui manquait. Notre monde n’apparaissait que de façon fugace ? Pas de problème : il est enfin mis en scène. Guillemot n’a même pas besoin d’être présent dans le récit. L’enjeu, après tout, n’est rien d’autre que sa disparition pure et simple. C’est aux mages adultes des tomes précédents que l’on doit de nouveaux moments d’invocation de graphèmes, peut-être pas aussi inventifs que la scène de l’ordinateur, mais bon, quand on doit faire sans un surdoué de magie, c’est plus compliqué.Ma seule remarque serait que la ficelle des jumeaux était de trop. Guillemot a déjà deux sœurs jumelles dans son groupe.Mais bon. Voilà. Il faut un tome 5 de cet acabit. Et un tome 6. Au moins.LA TRILOGIE DE HURLEVoici une saga qui n’aurait jamais pu exister en France si Hayao Miyazaki n’avait pas adapté le premier volume sous le titre : Le Château Ambulant.Mais je vous arrête tout de suite. Si le film a d’évidentes qualités, notamment sa bande son, son ambiance générale et son chara-design, et s’il est vrai que Diana Wynne Jones, à qui l’on doit l’œuvre originale, a apprécié cette adaptation, CE N’EST PAS DU TOUT LA MÊME ŒUVRE. Une différence subtile mais majeure fait que si les studios Ghibli avaient éventuellement voulu adapter la suite ils n’auraient pas pu. Cette différence est idéologique.Car dans le second volume, on apprend que le Magicien Hurle a, finalement, contribué à ce que son pays remporte la guerre.Oui. La guerre contre laquelle le Hurle de Miyazaki s’élève tant. Le Hurle de Miyazaki (Haulu techniquement, mais cette traduction n’est vraisemblablement qu’une transcription en katakanas du nom original Howl, ce qui en fait une mauvaise traduction vous m’excuserez) ne se contente pas de fuir ses responsabilités : il sabote. Et cela fait d’office du Château Ambulant de Miyazaki une autre œuvre, dont le rapport avec la saga littéraire est finalement assez lointain, même si dans les grandes lignes c’est similaire. D’autres différences plus ou moins importantes émaillent l’œuvre, notamment une irruption magnifique de notre monde - oui, Hurle est gallois - mais passons.Les deux premiers opus ont été traduits deux fois en français, la première à l’occasion de la sortie du premier film. Le troisième tome ayant été rédigé un peu plus tard, certainement en réaction au film (2008, alors que les deux autres datent respectivement de 1986 et 1990), il est normal qu’on n’y ait pas eu droit en ce temps-là. Cette première traduction était honnêtement bien mais est à cent lieues de celle proposée depuis peu par l’éditeur Ynnis.Dans le pays d’Ingary, Ingarie dans la nouvelle traduction, la magie des contes de fées existe. Et l’on redoute un massif et étrange château mouvant, qui déambule littéralement. Ce château appartient au magicien Hurle, qui a la sinistre réputation de dévorer le cœur et les âmes des jeunes filles.Aînée de trois sœurs, Sophie Chapelier est destinée à reprendre la chapellerie familiale. Un avenir peu intéressant mais qui semble relativement lui convenir. Jusqu’au jour où, sur un malentendu, une terrible sorcière lui jette un maléfice qui la transforme en vieille femme. D’horreur, elle quitte précipitamment le domicile familial et pénètre… dans le château du magicien Hurle.Elle y rencontre Calcifer, démon du feu, qui lui propose de la délivrer du sort, dont elle ne peut parler à personne, à la condition expresse qu’elle trouve le moyen de rompre le contrat liant le démon au propriétaire du château.Dans le second opus, Le Château des Nuages, un crypto-arabe d’un pays des mille et une nuits, qui se trouve être marchand de tapis, tombe amoureux de la princesse locale et s’attire les foudres du sultan qui n’a alors plus qu’un objectif : empaler au plus vite notre homme, objet de deux prophéties dont une concerne la princesse.Un tapis volant réagissant aux flatteries, un génie qui réalise volontairement les souhaits de la pire façon possible, un soldat relativement louche ainsi qu’une chatte et son chaton constitueront l’accompagnement hétéroclite du héros dans sa quête : retrouver le djinn responsable de l’enlèvement de son aimée, et le terrasser dans le Château des Nuages !Ce dont le lecteur ne peut se douter avant un certain temps, c’est que les protagonistes du premier roman ne sont jamais très loin…Et puis la Maison aux Mille Détours. Voici Charmaine Boulanger, protagoniste au physique relativement ingrat, rat de bibliothèque. Et voilà que sa famille l’envoie garder la maison de son oncle magicien, une maison dont les portes, en fonction de la façon dont on les ouvre, peuvent mener n’importe où et n’importe quand. En parallèle, le Roi accepte l’offre de Charmaine, désireuse d’aider la maison royale à faire le tri de sa bibliothèque.Si le second opus avait un plan de chapitres assez parallèle à celui du premier, ce n’est pas le cas du troisième. On peut certainement l’expliquer par la différence de temps qui le sépare des deux autres.La trilogie de Hurle est de la fantasy à l’ancienne, qui se veut plus proche d’un monde de conte de fées moderne que d’une Terre du Milieu. Capes d’invisibilité et bottes de sept lieues sont le lot quotidien des habitants d’Ingarie. Mais des sujets relativement graves peuvent parfois teinter le récit de moments à la limite du gore, ce qui fait de cette trilogie un récit moins accessible aux plus jeunes, sauf si vous voulez vraiment leur expliquer pourquoi une créature cauchemardesque met des femmes enceintes contre leur gré, et en quoi consiste la pratique du pal. Voilà. C’est ça, aussi, la trilogie de Hurle. Oh bien sûr l’acte n’a jamais effectivement lieu. Mais vous voilà prévenus que dans le monde de Diana Wynne Jones, les bottes de sept lieues n’empêchent pas l’existence du pal et du viol.Si le Livre des Étoiles est un récit profondément moderne ancré dans la tradition française, la Trilogie de Hurle est pour sa part un récit profondément moderne ancré dans la féerie. Ses références sont très claires, des contes de Perrault à ceux des frères Grimm en passant par les Mille et Une Nuit

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