Sujet 3. Texte extrait de Théorie de la justice (Rawls) Vous aimez quand je commente les - Qwice

Sujet 3. Texte extrait de Théorie de la justice (Rawls) Vous aimez quand je commente les sujets du bac de philosophie ? Vous en voulez encore ? Allez, c’est parti ! Troisième sujet : il faut

Petitcapybara - Qwice 2025

Sujet 3. Texte extrait de Théorie de la justice (Rawls) Vous aimez quand je commente les sujets du bac de philosophie ? Vous en voulez encore ? Allez, c’est parti ! Troisième sujet : il faut expliquer un extrait de texte, cette année, il est issu de la Théorie de la justice de Rawls. Pour ce commentaire, je vais principalement m’attarder sur le principe de l’explication de texte. Le texte restant relativement accessible, je me proposerai moins de l’expliquer que de relever des éléments intéressants de commentaire. I. Le texte « Tous les citoyens devraient avoir les moyens d’être informés des questions politiques. Ils devraient pouvoir juger de la façon dont les projets affectent leur bien-être et quels sont les programmes politiques qui favorisent leur conception du bien public. De plus, ils devraient avoir une juste possibilité de proposer des solutions nouvelles dans le débat politique. Les libertés qui sont protégées par le principe de la participation perdent une bonne partie de leur valeur quand ceux qui possèdent de plus grands moyens privés ont le droit d’utiliser leurs avantages pour contrôler le cours du débat public. Car, finalement, ces inégalités rendront les plus favorisés capables d’exercer une plus grande influence sur le développement de la législation. Au bout d’un certain temps, ils risquent d’acquérir un poids prépondérant dans le règlement des problèmes sociaux, du moins en ce qui concerne les questions sur lesquelles ils sont habituellement d’accord, c’est-à-dire celles qui renforcent leur position privilégiée. Il faut alors prendre des mesures de compensation pour préserver la juste valeur des libertés politiques égales pour tous. On peut pour cela utiliser divers moyens. Par exemple, dans une société qui autorise la propriété privée des moyens de production, on doit maintenir une large répartition de la propriété et de la richesse, et les subventions gouvernementales doivent être régulièrement distribuées pour développer les moyens d’un débat public libre. » II. Explication ou commentaire ? Qu'est-ce qu'une explication de texte en philosophie ? Et est-ce différent du commentaire de texte ? Si par « commentaire » de texte, on entend l’exercice au baccalauréat de Français, alors, on peut dire que ça n’a absolument RIEN à voir. En Français, il s’agit moins d’expliquer le texte que d’analyser les procédés littéraires, de préciser et comprendre les effets que ces procédés ont sur le lecteur. En cela, expliquer un texte de Diderot en Philosophie et le commenter en Français, ça n’est pas du tout la même chose. En Français, sans toutefois oublier ce que cherche à dire l’auteur, il convient d’abord de repérer les figures de style, les procédés stylistiques, et de voir leur utilité pour ce que dit l’auteur : il faut montrer comment telle figure de style accompagne ou accentue le sens du texte. Et en cela, le commentaire composé se moque bien de la linéarité du texte. Mais alors, qu'est-ce que c'est l’explication de texte ? Comme son nom l’indique, il s’agit d’expliquer un texte, c’est-à-dire rendre clair un texte qui ne l’est pas, être capable de restituer le sens et les enjeux philosophiques du texte. Pour le dire autrement, l’explication de texte évalue la compréhension du texte (et de CE texte précis, qui n’est équivalent à aucun autre) et la capacité du candidat à l’éclairer dans ses enjeux, sa structure et son détail. On suppose que le texte a besoin d’être expliqué, autrement dit pour entendre le texte, il faut l’interpréter, l’élucider, restituer les implicites, définir les concepts et termes centraux/importants, développer les exemples, et mettre en valeur la structure du texte. Le candidat est donc au service du texte : il doit expliquer TOUT le texte, et RIEN que le texte. Pour expliquer un texte, il faut se demander ce que dit l’auteur (ou ce qu’il se propose de faire), comment il le dit, et pourquoi. Souvent, l’auteur défend une thèse (comme c’est le cas pour le texte de Rawls), mais ce n’est pas toujours le cas. Il faut donc interroger le texte, sur son propos, sur sa démarche (= le plan du texte) et sur l’intérêt (ou les enjeux) philosophique du texte. On ne cherche pas tant à analyser les figures de style ou les procédés littéraires qu’à les expliquer, les comprendre. Par exemple, si vous relevez une métaphore, il faudra voir ce que ça signifie (qu’est-ce qui est comparé à quoi ?, pourquoi ?) et voir les limites de cette image (toute image a ses limites). En gros, à moins que cela permette de rendre plus clair le texte, de l’éclaircir, il ne sert à rien de s’appesantir sur les figures de style : relevez une anacoluthe n’a d’intérêt que si son analyse permet de mieux faire comprendre le texte. L’explication de texte est LINÉAIRE et le plan du développement suit exactement le plan du texte. Si le texte a 2 parties, votre développement sera composé de 2 parties ; si le texte se décompose en 789 parties, votre plan comportera 789 parties. Il faut donc bien prendre garde à la démarche du texte, aux liens logiques, au découpage du texte, aux liaisons, aux transitions entre les idées ; prendre garde à la démarche générale et aussi au détail du texte. III. Quelques éléments de commentaire Si l’on veut que les libertés politiques soient réellement exercées par les citoyens, dans une démocratie, il faut que les citoyens aient les moyens d’être informés, autrement dit, il faut interroger la production et la circulation des informations : si les citoyens les plus démunis n’ont pas accès à ces informations, s’ils n’ont pas les moyens de produire ces informations, alors les libertés politiques perdent de leur valeur, c’est-à-dire deviennent perdent de leur intérêt. Ce que dénonce Rawls dans ce texte, c’est l’avantage que tirent les grands médias et ceux qui les possèdent de la production et de la circulation des informations. Vit-on vraiment en démocratie quand les médias sont possédés par des entreprises privées ou une même classe sociale ? Les citoyens peuvent-ils concrètement se faire un avis construit et éclairé si toutes les informations qu’ils perçoivent sont produites et véhiculées uniquement par les mêmes personnes ? N’y a-t-il pas un risque d’influencer le citoyen ? Si tous les médias (ou une immense partie) sont possédés par Vincent Bolloré et son groupe, n’y a-t-il pas un problème ? Ne risque-t-on pas de voir cette entreprise influencer les informations et leur traitement ? Pour Rawls, si, il y a un risque majeur. Si des entreprises privées possèdent les médias, alors comment peut-on accéder à une information la plus neutre et objective possible ? On ne le peut pas : les personnes qui veulent s’informer ou intervenir dans le débat politique sont coincées. Soit elles ne peuvent pas tout à fait se fier aux informations, soit elles ne peuvent pas intervenir dans les médias en question. Aussi, Rawls interroge les conditions nécessaires pour qu’une démocratie soit juste, pour qu’on puisse assurer les libertés politiques dans une démocratie, en insistant particulièrement sur l’égalité réelle des citoyens dans leur capacité à participer au débat politique. En effet, les personnes les moins fortunées peuvent-elles même faire campagne pour être élues ? Comment faire en sorte que les droits et les libertés garanties ne soient pas seulement en droit ? Comment s’assurer que les droits et libertés soient également en fait ? Ici, mobiliser la distinction conceptuelle « en droit/en fait » permet d’interroger les droits et libertés en démocratie. Comment faire en sorte que ces droits et libertés soient mis en pratique ? Quelles sont les conditions concrètes d’une participation équitable au débat public dans une société pétrie d’inégalités de richesse ? Comment peut-on garantir une participation politique juste quand les citoyens ne sont pas égaux d’un point de vue économique ? Rawls met en lumière la nécessité d’une égalité politique réelle, c’est-à-dire qui ne peut exister sans une certaine égalité économique, qui soit plus qu’une égalité en droit. Il faut bien voir que Rawls s’oppose dans ce texte (et même dans toute la Théorie de la justice) au néo-libéralisme, à un néo-libéralisme qui fait de l’argent un élément important dans le système démocratique, qui rend l’argent plus important que le vote, qui fait de l’argent le véritable bulletin de vote, qui donne à l’argent le pouvoir d’influencer sur la souveraineté du peuple. Pour Rawls, il faut une égalité politique réelle afin d’assurer une démocratie juste où chaque citoyen peut exercer ses droits de manière équitable, de sorte qu’aucun citoyen n’a plus de poids dans la balance démocratique, qu’aucun citoyen ne puisse vraiment être plus influent qu’un autre. Il revient, pour Rawls, à l’État de corriger les inégalités qui menacent la participation politique égalitaire. Il ne suffit pas, alors, de déclarer les droits politiques, de dire que « tous les citoyens sont égaux » pour que ça soit effectivement le cas. Que vaut la liberté d’expression si certains peuvent plus facilement se faire entendre que d’autres ? La justice démocratique n’existe que si tous les citoyens ont réellement les moyens de participer au débat public. On peut découper ce texte en trois parties. * 1. Du début jusqu’à « pour contrôler le cours du débat public » Cette première partie met en avant un idéal démocratique exigeant. Une démocratie digne de ce nom, c’est une démocratique dans laquelle chaque citoyen peut juger et penser par lui-même, dire ce qui est bon pour lui et pour la soci

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